Disparition de Gotlib

gotlib_1Le dessinateur Gotlib vient de mourir à l’âge de 82 ans. Son père, Erwin Gottlieb, né en 1896 en Roumanie, réfugié en France, avait été déporté par le convoi 37 parti de Drancy le 25 septembre 1943 et arrivé à Auschwitz le 27. Il avait été transféré au camp de Blechhammer, complexe industriel dépendant d’Auschwitz III. Ce camp fut évacué par les SS en janvier 1945 devant la progression accélérée des armées Soviétiques. Après 13 jours de marche les évacués arrivèrent à Gross Rosen d’où ils repartirent le 8 février pour être le 10 à Buchenwald. Walter Spitzer a témoigné de ce voyage.

Erwin Gottlieb est vraisemblablement mort pendant ce dernier trajet, son nom n’étant pas enregistré au camp.

Né le 14 juillet 1934, Marcel Gotllieb sera caché par sa mère chez des agriculteurs d’Eure et Loir pour fuir les persécutions antisémites. Il a raconté par écrit ces moments dans « J’existe, je me suis rencontré » et les a évoqués dans une bande dessinée parue dans Pilote en 1969 et intitulée Chanson aigre-douce. Cette double planche a été exposée au musée d’art et d’histoire du judaïsme, à l’occasion d’une exposition qui lui fut consacrée.

Liens :

http://www.cercleshoah.org/spip.php?article403

http://www.cercleshoah.org/spip.php?article477

http://www.actuabd.com/Comment-ca-Marcel-vous-etes-juif

TÉMOINS & TÉMOIGNAGES

Figures et objets dans l’histoire du XXe siècle

PRÉSENTATION ET DÉBAT

VENDREDI 9 DÉCEMBRE 2016 À PARTIR DE 18 HEURES

À cette occasion, Charlotte Lacoste (maître de conférences à l’Université de Lorraine, agrégée de lettres modernes), Bruno Védrines (enseignant de français et formateur
à l’Institut universitaire de formation des enseignants à Genève) et Frédérik Detue (maître de conférences en littérature à l’Université de Poitiers) évoqueront un numéro
de la revue de la Fondation, En jeu. Histoire et mémoires vivantes, consacré à Jean Norton Cru et un numéro de la revue Europe consacré au thème « Témoigner en littérature ».

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FONDATION POUR LA MÉMOIRE DE LA DÉPORTATION
30, boulevard des Invalides – Paris 7e

Par métro : Ligne 13 – Saint-François-Xavier
Par bus : Bus n° 82, 87, 92 – Station Saint-François-Xavier

ACCÈS SUR PRÉSENTATION DE L’INVITATION ET RÉSERVATION PAR COURRIEL À REVUE.EN.JEU@GMAIL.COM OU PAR TÉLÉPHONE AU 01 47 05 81 50

LA DÉPORTATION DE TSIGANES FRANÇAIS A BUCHENWALD

Samedi 29 octobre, le président de la République François Hollande a reconnu la responsabilité de la France dans l’internement de milliers de Tsiganes par le régime de Vichy. « La République reconnaît la souffrance des nomades qui ont été internés et admet que sa responsabilité est grande dans ce drame », a-t-il déclaré lors d’une cérémonie d’hommage sur le site de l’ancien camp de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire).

Des 31 camps gérés par les autorités françaises jusqu’en 1946, dans lesquels furent internés entre 6 000 et 6 500 nomades, Montreuil-Bellay était le plus grand. Plus de 2 000 nomades, des Tsiganes mais aussi des personnes sans domicile fixe de Nantes, y furent internés de novembre 1941 à janvier 1945. Une centaine périrent.

L’ancien secrétaire d’Etat aux anciens combattants Hubert Falco, avait cependant déjà évoqué cette responsabilité lors d’une Journée nationale de la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat français en 2010

Cette politique de mémoire du passé, avec ses hauts et ses bas, est retracée dans l’ouvrage de l’historien Henry Rousso, Face au passé, essais sur la mémoire contemporaine, paru chez Belin cette année.

De Gaulle revenu au pouvoir, écrit l’historien, « a imposé à sa manière une forme de silence officiel sur le régime de Vichy, n’y voyant qu’une parenthèse vite refermée en août 1944 ». Seule exception à cette politique, l’entrée au Panthéon, en 1964, des restes de Jean Moulin.

Pompidou a invité à « jeter le voile, (à) oublier ces temps où les Français ne s’aimaient pas, s’entre-déchiraient et même s’entre-tuaient ». Giscard a supprimé le 8 mai des célébrations nationales. Mitterrand le réinsèrera. Avec lui la Ve République devient plus commémorante. Mais c’est avec Chirac que le « devoir de Mémoire » s’impose. En juillet 1995 il reconnaît publiquement les crimes d’Etat commis par Vichy à l’égard des juifs. Il se préoccupe également de la mémoire des protagonistes de la guerre d’Algérie, accepte le débat sur les « fusillés » de la guerre de 14-18, se penche sur la mémoire de l’esclavage, impose une journée commémorative de l’appel historique du général de Gaulle du 18 juin. Il a « incontestablement ouvert une voie » écrit Rousso. Sarkozy, lui, affiche son hostilité à toute repentance. Cependant il impose en août 2007 la lecture obligatoire dans les lycées de la lettre de Guy Moquet à ses parents et fait du monument en mémoire des victimes des Glières le lieu de son pèlerinage annuel. Enfin, en février 2012, il fait du 11 novembre non seulement l’anniversaire de l’armistice de 1918 mais aussi la journée d’hommage à tous les morts pour la France, un peu à la façon de la journée des coquelicots (Poppy Day) du monde anglo-saxon.

François Hollande a instauré une journée nationale de la Résistance et fait entrer au Panthéon quatre de ses grandes figures. La commémoration du débarquement de juin 1944 a été particulièrement mise en scène.

En reconnaissant la responsabilité de l’Etat français dans l’internement des nomades et tsiganes, François Hollande s’inscrit donc dans le modèle républicain français tel que mis en oeuvre par J. Chirac.

LA DEPORTATION DES TSIGANES FRANÇAIS

En 2012, dans Le Serment N°244, l’Association Buchenwald-Dora avait publié un dossier sur la déportation des tsiganes et le témoignage d’Antoine Lagrené, jeune tsigane français déporté à Auschwitz puis Buchenwald après son internement à Malines (Belgique)

Cérémonie à Chateaubriant

La cérémonie officielle en hommage aux 27 fusillés du 22 octobre 1941 a lieu à Châteaubriant (Loire-Atlantique) demain, 23 octobre. Elle s’accompagne d’une exposition temporaire sur le thème du Concours national de la Résistance et la Déportation : La négation de l’homme dans les camps nazis.

C’est à Châteaubriant que fut fusillé Guy Moquet et 26 de ses compagnons de captivité en représailles après l’exécution à Nantes et Bordeaux par la résistance de deux officiers allemands.

Alors que l’autorité allemande pensait faire de la fusillade de Châteaubriant un exemple, elle obtient l’effet inverse. Partout, cette exécution suscite l’indignation et la colère. Elle frappe de manière irréversible la conscience des habitants de la région et l’ensemble de la population française, jouant un rôle important dans la mobilisation des énergies pour combattre l’occupant. Son retentissement est considérable dans le pays comme en extérieur.

En avril 1942, à la demande de l’occupant, le camp est évacué. Plus de 800 personnes, en majorité communistes ou syndicalistes, y ont été internés par le gouvernement de Vichy, depuis 1941. Les détenus sont transférés à Voves près de Chartres (28) et Rouillé près de Poitiers (86), les femmes étant internés à Aincourt (actuel Val d’Oise).

Beaucoup seront ensuite déportés vers les camps du Reich, dont Buchenwald.

Cérémonies de Châteaubriant le 19 octobre 2014 - 1500 personnes...Jacques Chabalier, représentant PCF national, et Jackie Hofman, représentante de l'Amicale feront les allocutions, puis l'évocation artistique Libre et digne. P. Morel 0624933210 image-in@patcatnats.fr www.patcatnats.fr

Exposition « La Résistance par les objets »

Un objet réalisé clandestinement à Buchenwald par Pierre Provost bientôt visible sur le site de la Fondation de la Résistance.

Le briquet réalisé clandestinement par Pierre Provost à Buchenwald fera prochainement parti de l’exposition virtuelle « La Résistance par les objets » en projet sur le site internet « musée de la Résistance en ligne » réalisé par la Fondation de la Résistance.
Pour donner vie à ces objets grâce à la technologie, divers « types d’effets » doivent leur être appliqués : diaporamas, animations à partir d’images fixes, « flip-book » et « VR » ou réalité virtuelle qui permet de voir l’objet en 3D sous toutes ses faces.
L’exposition sera en ligne au premier trimestre 2017. Des détails sur ce projet sur http://www.museedelaresistanceenligne.org/page.php?page=4

Banquet fraternel du Musée de la Résistance nationale

Le banquet fraternel du Musée de la Résistance nationale s’est tenu le samedi 1er octobre à l’Espace Robespierre à Ivry-sur-Seine. Notre association y était représentée par Edith Robin, secrétaire générale (sur la photo de droite, à droite aux cotés d’Eric Brossard) et Cécile Desseauve, secrétaire administrative, (de dos, face à Eric Brossard)

gxo1En matinée a été diffusé le film Les jeux d’Hitler – Berlin, 1936 un documentaire de 52 minutes réalisé par Jérôme Prieur. Il y montre comment l’organisation de la XIe Olympiade a donné lieu à une gigantesque opération de propagande. Le réalisateur était présent et a répondu aux questions de l’assistance à l’issue de la séance. L’après-midi, outre le repas, a été consacré à la présentation du projet de nouveau musée à Champigny-sur-Marne. Guy Krivopissko a retracé l’histoire du musée depuis 1985. Thomas Fontaine a ensuite présenté le chantier du nouveau musée et les étapes du projet. Enfin, Dominique Lelli, du cabinet Lelli architectes qui a conçu l’Espace Aimé Césaire (futur lieu des expositions du MRN), a décrit le bâtiment et a assuré que sa transformation en un musée de la Résistance nationale serait aisée. Notons la présence lors de cette présentation de Mme Piffeteau (représentant la directrice de la DMPA), de Mme Laquièze, sous-préfète de L’Hay-les-Roses, de Jean-Pascal Lanuit pour la DRAC, de M. Dominique Adenot, maire de Champigny et de M. Olivier Beaubillard maire adjoint à la Culture pour la ville d’Ivry-sur-Seine.

Assemblée Générale 2016

L’Association française Buchenwald-Dora et Kommandos a tenu son assemblée générale le 15 octobre à Paris.

71 ans après sa création par Marcel Paul et Frédéric Henri Manhès, l’association est forte de plus de 1100 membres (dont une centaine de déportés). S’appuyant sur son site internet, son blog, sa page Facebook, et son journal trimestriel, Le Serment, dont une partie de la collection est accessible en ligne, l’association poursuit son activité dans la solidarité avec les familles, l’aide aux recherches et à la connaissance de Buchenwald et de ses kommandos.

Après avoir soutenu la parution de divers ouvrages sur Buchenwald, ses initiatives se tourneront cette année vers le public scolaire, la présentation d’une nouvelle exposition sur Buchenwald et la mise en chantier d’un dictionnaire biographique des déportés à Buchenwald.

Ces activités pour la mémoire  continueront d’être accompagnées d’engagements publics pour une société plus juste et plus humaine, héritiers des combats de la Résistance et de la Déportation.

Olivier Lalieu a été réélu président de l’association, Edith Robin en devient la secrétaire générale.

Commémoration des pogroms de novembre 1938

A Buchenwald, une cérémonie rappellera le 9 novembre à 15 heures 30 le souvenir des 9845 juifs internés à Buchenwald après les pogroms du 10 novembre 1938 en Allemagne.
Ces hommes, arrêtés et internés sans tenir compte de leur âge, furent rassemblés dans cinq baraques édifiées spécialement à l’ouest de la place d’Appel et clôturées de barbelés. En moins de trois semaines, les personnes raflés au cours de cette opération, dite « Opération Rath » – du nom du secrétaire de l’Ambassade d’Allemagne assassiné à Paris par Grünspan – comptèrent plusieurs centaines de morts, victimes des conditions sanitaires et alimentaires déplorables et de la violence des SS.
En février 1939 la plupart d’entre eux avaient été libérés après avoir été rançonnés par les SS.
Les baraques furent détruites.

Incident néonazi à Buchenwald Weimar

Après s’être garé sur le parking du mémorial de Buchenwald un individu a diffusé, lundi 10 octobre, au maximum du volume de son autoradio, des chants et discours nazis. Alerté par un employé du Mémorial la police a interpellé cet homme venu du Nord de l’Allemagne.
Il y a quelques mois c’est un groupe de néo-nazis britanniques qui s’était filmé dans le sous-sol du crématoire en effectuant le salut hitlérien.