Roger Bordage (1925-2017)

Nous sommes au regret de vous informer de la mort de notre ami Roger Bordage, Président du Comité international de Sachsenhausen, le 5 août, à l’âge de 92 ans.

Membre des Forces françaises libres, résistant, Roger Bordage avait été arrêté le 10 mai 1943 et déporté à Sachsenhausen dans les kommandos de Heinkel-Werke et Klinker-Werke. Il ne retrouva la liberté que le 3 mai 1945 après une marche de la mort éprouvante.

Imposant par sa taille et son esprit, Roger Bordage a consacré une large partie de sa vie au rappel des crimes commis par le national-socialisme et à la construction d’une nouvelle société dont seraient absents l’intolérance, l’antisémitisme et le racisme. Il a défendu ces positions au plus haut niveau national et international et dépensé beaucoup d’énergie à dénoncer les nouveaux dangers menaçant nos sociétés et la paix en Europe et dans le Monde.

Le Comité international Buchenwald-Dora et Kommandos l’a souvent accompagné dans ses combats tout comme lui même a soutenu les initiatives du CIBD.

Nous continuerons a être fidèle à sa mémoire et à ses luttes.

Tercé : Témoignages de déportation au Musée de la 2 Guerre mondiale

L’exposition Georges Angéli, regard d’un photographe résistant déporté à Buchenwald est à nouveau en place au Musée « La Vienne dans la 2e Guerre mondiale » à Tercé.
« Présentée lors de l’inauguration de la saison au mois de mai, elle a rencontré un grand succès. Ceux qui n’ont pas pu la découvrir se voient ainsi offrir une deuxième occasion », se réjouit Anne Venisse, responsable de la médiathèque et de la communication du musée.
Georges Angéli, interné à Buchenwald après avoir déserté le STO, a pris des photos clandestines à l’intérieur du camp, notamment de l’arbre de Goethe, ce qui, à son retour, en a fait un témoin exceptionnel. Il n’a eu de cesse de montrer ses prises de vues qui sont maintenant exposées dans de nombreux musées. Cette exposition a été rendue possible grâce à sa fille Catherine Glasz et au soutien de l’ONAC-VG et de VRID. Cette exposition montre également la veste de déporté de Régis Edmond Desport, également déporté à Buchenwald.

Exposition « Georges Angéli, regard d’un photographe résistant déporté à Buchenwald », visible jusqu’au 27 août au musée, tous les jours de 15h à 18h, sauf le lundi.

Journée « Buchenwald et ses grandes figures »

Mercredi 20 septembre 2017 à l’auditorium de l’Hôtel de ville de Paris

De droite à gauche : Bruno Bettelheim, Robert Desnos, Jorge Semprun, Elie Wiesel, et Marcel Paul

80 ans après l’ouverture du camp de Buchenwald, L’association organise avec Ciné Histoire, une journée de projections d’extraits de films sur les grandes figures de Buchenwald : Jorge Semprun, Imre Kertesz mais aussi Floréal Barrier et Gaston Viens, Marcel Paul et Boris Taslitzky. Nombreuses images inédites et en avant première. Débats avec des témoins.

Programme du matin

09h00 : Accueil et présentation de la journée : Olivier Lalieu, Président de l’Association française Buchenwald, Dora et Kommandos et Nicole Dorra, Présidente de Ciné Histoire

09h30 : Projection du film KZ Buchenwald / post Weimar de Margit Eschenbach

10h05 : Quelques grandes figures engagées, à travers des extraits de films : Marcel Paul , Alfred Balachowsky, Boris Taslitzky (extrait de L’atelier de Boris de Christophe Cognet), Christian Pineau. Animé par Dominique Durand, président du Comité international Buchenwald-Dora

11h10 : Extrait du film inédit Triangles rouges à Buchenwald  d’Anice Clément

11h30 : Echanges avec la salle

Programme de l’après-midi

14h00 :  Extrait du film Les enfants de Buchenwald de Bernard Martino. En présence de Katy Hazan, historienne de l’OSE

15h00 : Rencontre avec les rescapés : Elie Buzyn, Bertrand Herz, Jacques Moalic et David Perlmutter. Animée par Vladimir Vasak, grand reporter à Arte

16h00 : Réflexions sur l’humanisme né de la déportation, à travers des extraits de films : Elie Wiesel, David Rousset, Jorge Semprun

16h45 : Echanges avec la salle

Auditorium de l’Hôtel de ville de Paris
4 rue Lobau, 75004 Paris
de 9h30 à 17h

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Nazis français, nazis allemands, de la fuite à la traque

Histoire interdite
C8, à 21 heures , ce 28 juillet
Nazis français, nazis allemands, de la fuite à la traque, thème du magazine de ce soir, rappelle, entre autres, qu’environ trente mille Français ont rejoint volontairement la Gestapo ou la Wehrmacht. La plupart le payèrent de leur vie à la Libération, mais d’autres parvinrent à s’échapper et à s’installer ailleurs, en Amérique latine notamment.

Une journée sur les procès des tortionnaires nazis

Le 27 novembre les amicales et associations d’anciens déportés organisent, avec le Centre historique allemand, une journée sur les procès des tortionnaires nazis.
La journée du 27 novembre évoquera les procès menés dans chaque zone d’occupation, y compris dans la zone soviétique, puis les procès qui se sont poursuivis jusqu’à aujourd’hui. Elle se conclura par une table ronde  sur  l’évolution du droit international face aux crimes de guerre et contre l’humanité.
Il y a trente ans, la cour d’assises du Rhône condamnait Klaus Barbie, ancien chef de la Gestapo de la région lyonnaise, pour dix-sept crimes contre l’humanité. Le 3 juillet 2017, les ministères de la Justice et de la Culture ont annoncé l’ouverture « anticipée » des archives relatives au procès. Cette ouverture devrait lever le voile sur les événements précédant le procès et contribuer au travail de mémoire et à la lutte contre le révisionnisme.

Henry Rousso, historien et directeur de recherches au CNRS et Denis Salas, magistrat et auteur du livre « Barbie, Touvier, Papon : des procès pour la mémoire » (2002) reviennent dans une série sur France-Culture sur ce procès aussi singulier qu’emblématique.

https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins-dete-1ere-partie/proces-klaus-barbie-publier-pour-ne-pas-oublier

Voyage à Buchenwald des élèves de Dieppe

Comme chaque année les responsables de l’ association  à Dieppe ont accompagné les élèves du département de Seine Maritime à Buchenwald et Dora. Une opération financé par le conseil départemental.
Découvrez le récit filmé de leur voyage :

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Simone Veil (1928-2017)

Une femme d’honneur et de courage vient de décéder : Simone Veil, née Jacob, matricule 78651 à Auschwitz. Elle sera détenue deux jours, fin janvier 1945, à Dora.

Le 30 mars 1944, Simone Jacob est arrêtée à Nice où elle est née et où la famille vit sous une fausse identité depuis l’arrivée des Allemands en 1943, alors qu’elle vient de passer le baccalauréat. Elle est envoyée le 7 avril vers Drancy et mise le 13 avril au petit matin, avec sa mère, 44 ans, et sa soeur Milou, 21 ans dans un convoi vers Auschwitz où elle arrive le 15 avril :

« Le convoi s’est immobilisé en pleine nuit. Avant même l’ouverture des portes, nous avons été assaillis par les cris des SS et les aboiements des chiens. Puis les projecteurs aveuglants, la rampe de débarquement, la scène avait un caractère irréel. On nous arrachait à l’horreur du voyage pour nous précipiter en plein cauchemar. Nous étions au terme du périple, le camp d’Auschwitz-Birkenau. (…) Soudain, j’ai entendu à mon oreille une voix inconnue me demander : « Quel âge as-tu ? » A ma réponse, seize ans et demi, a succédé une consigne : « Surtout dis bien que tu en as dix-huit. »

D’abord mises en quarantaine, la mère et ses deux filles sont obligées de participer aux travaux de prolongement de la rampe d’arrivée pour les convois.

Un matin, Stenia, chef du camp, interpelle Simone Veil :

– « Tu es vraiment trop jolie pour mourir ici. Je vais faire quelque chose pour toi, en t’envoyant ailleurs. » Je lui ai répondu : « Oui, mais j’ai une mère et une soeur. Je ne peux accepter d’aller ailleurs si elles ne viennent pas avec moi. » A ma grande surprise, elle a acquiescé : « D’accord, elles viendront avec toi. » (…) Fait incroyable, cette femme, que je n’ai par la suite croisée que deux ou trois fois dans le camp, ne m’a jamais rien demandé en échange. Tout s’est donc passé comme si ma jeunesse et le désir de vivre qui m’habitait, m’avaient protégée. »

Toutes trois sont rattachées au kommando de Bobrek, un kommando Siemens, de juillet 1944 à janvier 1945. 37 femmes et 220 hommes déportés y sont astreints à fabriquer des pièces d’avions.

L’avance des troupes soviétiques entraine l’évacuation de Bobrek, le 18 janvier 1945. Via l’usine de Buna à Auschwitz, c’est le début pour les milliers de déportés du complexe d’Auschwitz, d’une atroce marche de la mort par moins trente degrés. Soixante-dix kilomètres jusqu’à Gleiwitz où les SS entassent les femmes sur des wagons plats. Direction Mauthausen qui refuse les déportées, faute de place. Encore huit jours, cette fois vers Dora, un. Et Simone Veil de poser la question :

– « Pourquoi les nazis n’ont-ils pas tué les Juifs sur place, plutôt que de les embarquer dans leur propre fuite ? La réponse est simple : pour ne pas laisser de trace derrière eux. »

Dans sa somme sur l’ Histoire du Camp de Dora, André Sellier écrit : « impossible de savoir quel est le nombre de morts résultant des évacuations d’Auschwitz (…) qui aboutissent à Dora ou dans d’autres points du complexe de Mittelbau. Le fait que tel ou tel convoi parvienne là plutôt qu’à Buchenwald, à Bergen-Belsen ou dans un autre camp n’est nullement prémédité et aucune comptabilité des mouvements n’est tenue, contrairement à la tradition constante de l’univers concentrationnaire. Mais la tradition bureaucratique reprend ses droits pour les survivants qui sont dûment immatriculés dans les séries nouvelles du camp de Dora-Mittelbau… »

Elle reste deux jours à Dora, avant de repartir vers Bergen-Belsen où elle arrive le 30 janvier.

Libérée le   17 avril elle ne rentrera en France que le 23 mai.

Musique et Création dans l’univers concentrationnaire nazi

ATELIER-CONCERT

Comment la musique et plus largement les pratiques artistiques de création, ont-elles permis de résister, de témoigner ou encore de rendre compte de la Négation de l’Homme dans l’univers concentrationnaire nazi ?

Pour accompagner ce thème du Concours National de la Résistance et de la Déportation (CNRD) en 2017, le service éducatif des Archives nationales, en partenariat avec le CRR93 et ProQuartet, proposera deux ateliers-concerts autour de la Journée nationale de la Résistance, les 30 mai et 1er juin 2017.

Préparés sous la direction musicale de Yohann Recoules, ils permettront au jeune public d’entendre les musiques en relation avec les autres arts, jouées ou crées dans le contexte singulier de l’univers concentrationnaire nazi, ainsi qu’une création du compositeur Pierre Chépélov sur les poèmes du père Léon Leloir, composés à Buchenwald, et interprétée par des collégiens de Seine-Saint-Denis ayant participé au concours.

Mardi 30 mai 2017 à 18 h 30 – Archives nationales – Site de Pierrefitte-sur-Seine Répétition jeune public à 14h 30

Jeudi 1er Juin 2017 à 14 h 30 Mairie du 4ème arrondissement – Paris

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REPAS FRATERNEL 2017

REPAS FRATERNEL
De l’Association Française Buchenwald Dora et Kommandos

Samedi 24 Juin 2017 à 13h00

(Accueil : 12h30 – Repas : 13h00)

Au Siège de la Caisse Centrale d’Activités Sociales du Personnel
des Industries Electriques et Gazières à Montreuil – CCAS E.D.F.
Immeuble René Le Guen – Bât A – 8 rue de Rosny – 93100 Montreuil

Métro Mairie de Montreuil (Ligne 9)
Entrée piéton, par la grille à l’angle de la rue de Rosny
et de la rue Gaston Lauriau
Entrée en voiture, parking situé rue Gaston Lauriau

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Corinne Benestroff : Jorge Semprun, entre résistance et résilience

L’œuvre de Jorge Semprun, exilé, résistant, déporté, écrivain, homme politique, explore les territoires de la mort.
Traversant le XXe siècle et ses désastres, arpentant une Europe ravagée, elle interroge la solitude, la fraternité, la littérature et la beauté du monde.
Cette enquête entrelace histoire, psychanalyse, critique littéraire, documents d’archives et paroles vives des témoins. Comment survit-on à l’expérience concentrationnaire ?
Quel rôle joue alors la littérature ? Qui sont ces personnages récurrents qui traversent son œuvre ?
En choisissant la fiction comme voie royale du témoignage, Semprun transgresse les canons du genre et suscite de nombreux débats alimentés par son statut particulier d’employé à Buchenwald et son parcours dogmatique au Parti communiste espagnol. Chez lui, la séparation fiction/réel est totalement artificielle.
On suivra donc Semprun et ses doubles narrateurs de l’enfance au grand âge, Semprun dont l’œuvre inclassable, hommage aux résistants et aux disparus, est devenue une arme de guerre contre l’effraction traumatique, formant un journal clinique inédit riche d’enseignements.


La Compagnie des auteurs par Matthieu Garrigou-Lagrange

Jorge Semprun ne racontera que tardivement la torture et la déportation. Régis Debray et Corinne Benestroff discutent avec nous de cette histoire que l’auteur (re)compose dans une écriture qui, en se nourrissant du traumatisme, fait naître une figure d’écrivain et lui permet de continuer à vivre.

Intervenants :

Corinne Benestroff, chargée de cours à l’IUT René Descartes-Paris V, auteur d’un article sur Jorge Semrpun : « L’Écriture ou la vie, une écriture résiliente », (revue Littérature, 3/2010, n° 159), abordera la notion de résilience dans son oeuvre.

Régis Debray, philosophe, écrivain, universitaire, haut fonctionnaire, auteur d’une introduction aux Exercices de survie de Jorge Semprun (Folio, 2014), nous parle de la nécessité vitale de l’écriture chez l’écrivain.

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