Disparition de Lucien Colonel

Résistant, déporté à Buchenwald puis dans différents Kommandos, Lucien Colonel nous a quitté à l’âge de 91 ans, dans la nuit du 20 au 21 janvier.
Entré dans la Résistance au sein du mouvement Libération Sud il avait été agent de renseignement et de liaison entre la Savoie et l’Isère, transportant et distribuant des tracts et des journaux clandestins.
Le 11 novembre 1943, lors de la commémoration de la Grande Guerre au monument aux morts de Grenoble, il est arrêté avec 400 autres jeunes. Après un transfert à Compiègne, il est déporté le 17 janvier 1944 à Buchenwald, à Dora puis aux Kommandos d’Osterhagen, de Mackendrode et de Wieda. Au total, il restera 18 mois détenu, dont 16 mois en univers concentrationnaire.
Évadé mais repris par les SS en avril 1945, il parvient à s’échapper dès le lendemain et évite ainsi la tragédie de Gardelegen où périrent brûlés vifs 1016 déportés.
Quand il est rapatrié en France, en juin 1945, il pèse 36 kg. Il est successivement hospitalisé à Aix-les-Bains, puis au plateau d’Assy, où il apprend la photographie.
Lucien Colonel intègre la rédaction du Dauphiné Libéré en 1952 comme reporter-photographe, jusqu’à diriger le service photo haut-savoyard jusqu’à sa retraite, en juin 1980.
Lucien Colonel a déployé une énergie inlassable pour que les nouvelles générations prennent conscience du déni d’humanité que l’Europe a connu sous le nazisme. Membre dirigeant des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, il n’a eu de cesse d’éveiller les consciences, participant ou initiant sans relâche des rencontres avec des collégiens et des lycéens, notamment. Il avait mis sur pied une exposition itinérante sur l’univers concentrationnaire nazi, accompagnait des visites dans les camps de concentration et était membre, dans son département, du jury du Concours national de la Résistance et de la Déportation.

TÉMOIGNAGE DE LUCIEN COLONEL – 1

TÉMOIGNAGE DE LUCIEN COLONEL – 2

TÉMOIGNAGE DE LUCIEN COLONEL – 3

 

Projection du film « Il n’y a pas d’enfants ici »

Jeudi 26 janvier à 14h (et non 14h30) dans le cadre du cycle « Les Jeudis de l’histoire »

Projection du film  « Il n’y a pas d’enfants ici »,  consacré aux dessins de Thomas Geve, un enfant survivant des camps de concentration.

Déporté à Auschwitz à 13 ans, Thomas Geve échappe en raison de sa grande taille à la chambre à gaz et devient le plus jeune détenu du camp d’Auschwitz I. Il participe aux « marches de la mort » et est libéré du camp de Buchenwald le 11 avril 1945.

Trop faible pour être immédiatement évacué, il reste plus d’un mois dans le baraquement du block 29 du camp. Il veut raconter l’indicible à son père. Il parvient à se procurer six minuscules crayons et réalise sur le verso d’un bloque notes de l’administration nazie, 79 dessins sur l’enfer de l’univers concentrationnaire nazi. Rien de l’inhumanité des camps d’extermination et de concentration, ni de la résistance et de la solidarité entre détenus, ne lui échappe. Les dessins d’un enfant, uniques dans l’histoire de la déportation, sont commentés et accompagnés par le témoignage de rescapés.

Musée du Général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris – Musée Jean Moulin – 23, allée de la 2e D.B. Jardin Atlantique (au dessus de la gare Montparnasse), 75015 Paris

Visite de Gitta Gunther au Musée de la Résistance (Blois)

Dans le cadre de l’exposition “Stéphane Hessel : la dignité de l’être humain”, Gitta Gunther, fille d’un déporté à Buchenwald, visitera le Musée de la Résistance, de la Déportation et de la Libération mardi 17 janvier 2017 à 16h. A cette occasion, elle remettra des documents d’archives de Buchenwald (documents personnels, documentation sur le camp…) à Catherine Monteiro, adjointe au maire en charge de la coopération internationale, Yves Olivier, conseiller délégué en charge du Musée de la Résistance et Michel Duru, résistant.

Gitta Gunther est l’auteure d’une monographie sur le camp intitulée “Buchenwald”.

Sa fille, Franka Gunther, sera également présente. Franka Gunther est membre de l’association Dora Kommando et du Mémorial de Buchenwald. Elle est directrice des Rendez-vous de Weimar avec l’histoire, événement qu’elle a créé en 2009 d’après le modèle blésois.

Musée de la Résistance 1 Place de la Grève, 41000 Blois

Source : Mag Centre – lundi 16 janvier 2017

Disparition d’André Bessière, matricule 185074 à Auschwitz, 52625 à Buchenwald

Né le 2 décembre 1926, André Bessière nous a quitté  à l’âge de 90 ans en janvier 2017.

S’engageant très jeune dans la Résistance, il est arrêté en 1943 alors qu’il tente de franchir la frontière espagnole. Il est déporté en avril  1944 à  Auschwitz dans ce qui restera comme « le convoi des tatoués », troisième convoi de « non juifs » à destination de ce camp.
Parmi ses compagnons de futurs ministres et grand commis de l’Etat, comme André Boulloche et Marcel Paul. Le 12 mai avec la plupart des  survivants, il est envoyé vers Buchenwald. Début juin il est affecté au Kommando de Flöha, à quelques kilomètres de Chemnitz, Kommando dépendant du camp de Flossenbürg et qui emploie environ 600 détenus à la fabrication de fuselages d’avions. Parmi ses compagnons, le poète Robert Desnos.
L’évacuation commence le 14 avril 1945, à pied, vers Flossenbürg. Cette marche de la mort, épuisante et impitoyable s’achève le 7 mai 1945 à Theresienstadt.
Le camp est libéré par les troupes soviétiques, mais le typhus comme à Bergen-Belsen, fait des ravages parmi les survivants.
Le 27 juin 1945 André Bessière est rapatrié.
Ce n’est qu’en 1990 qu’il commencera à revenir sur ce passé qu’il a relaté dans plusieurs ouvrages et en créant l’Amicale des déportés Tatoués dont il était jusqu’à ce jour, Président.
Il a laissé plusieurs témoignages, écrits et filmés sur son parcours de jeune résistant  et déporté.

Témoignage d’André Bessière, résistant-déporté

Robert Desnos. La déportation. Témoignage d’André Bessière

À propos du convoi des tatoués

Amicale des Déportés Tatoués du 27 avril 1944

Témoignage de Bertrand Herz au Mémorial de la Shoah

Dimanche 29 janvier 2017 à 14h30

Bertrand Herz a 14 ans lorsqu’il est arrêté avec ses parents et sa soeur le 5 juillet 1944 à Toulouse par la Gestapo. Déporté à Buchenwald avec son père, il est envoyé avec lui dans un Kommando extérieur à Niederorschel pour travailler sur l’assemblage des avions Junkers. Libéré le 11 avril 1945, il revient seul à Paris où il retrouve sa soeur, qui avait été déportée à Ravensbrück, mais pas sa mère, décédée dans ce camp. Il a publié Le Pull-over de Buchenwald (2015).

Animés par Dominique Durand, journaliste, historien, président du comité international Buchenwald, Dora et Kommandos, et Olivier Lalieu, historien, responsable de l’aménagement des lieux de mémoire et des projets externes, Mémorial de la Shoah.

Au programme également : le témoignage d’Yvette Lévy

RÉSERVATION

Mémorial de la Shoah
17, rue Geoffroy l’Asnier
75004 Paris
Tél : + 33 (0)1 42 77 44 72
contact@memorialdelashoah.org

ÉVÈNEMENT CINÉ HISTOIRE : Dernières places pour la présentation d’Ophir Lévy

Le jeudi 5 janvier 2017 à 18h30, Ciné Histoire organise la présentation en avant-première du livre d’Ophir Levy, Les images clandestines (Éditions Hermann « L’Esprit du cinéma », 2016).
La mémoire confuse des camps de concentration et du génocide des Juifs est devenue peu à peu omniprésente, au point d’engendrer un authentique imaginaire des camps dont les motifs resurgissent dans des films n’ayant pourtant aucun rapport avec la Seconde Guerre mondiale. Ces images affectent aussi bien le cinéma de science-fiction hollywoodien (Spielberg) que les séries télévisées ou les films de cinéma dit d’auteurs européens (Godard, Bergman, Resnais, Akerman, Duras). Ainsi, quelles images se trament sous les images ? Quel circuit mystérieux empruntent-elles parfois afin de parvenir jusqu’à nous ? Et surtout, quelles obsessions et de quels discours nos images contemporaines véhiculent-elles ?
Ophir Levy illustrera son propos par des extraits de films qu’il commentera.
Ophir Levy enseigne l’histoire et l’esthétique du cinéma à l’université Paris 3. Docteur en histoire du cinéma, ses recherches ont été récompensées par le prix de la recherche 2014 décerné par l’Inathèque.
 
Gratuit sur réservation obligatoire à nicoledorra@gmail.com et dans la limite des places disponibles.
Lieu : auditorium de l’Hôtel de Ville,
5 rue Lobau 75004 Paris

LETTRE DU PRÉSIDENT DU COMITÉ INTERNATIONAL BUCHENWALD DORA À PROPOS DE L’ATTENTAT DE BERLIN

Après Copenhague, Bruxelles, Paris, Nice, mais aussi Istanbul, Ankara, Tunis, Bamako, Jakarta, Ouagadougou, Le Caire, c’est Berlin qui vient d’être tragiquement victime d’un attentat meurtrier. Au nom du Comité international Buchenwald-Dora et Kommandos, en mon nom personnel, je souhaite partager votre indignation et votre tristesse et vous dire notre solidarité. L’attentat dont la capitale fédérale allemande est la victime nous émeut d’autant plus qu’il endeuille l’Eglise du Souvenir, haut lieu symbolique de la mémoire de l’Allemagne mais aussi de la Seconde guerre mondiale dont les internés et déportés de Buchenwald ont été doublement victimes. Nos pensées vont d’abord vers les familles atteintes, mais nous ne pouvons oublier les efforts du peuple allemand et de la grande majorité de ses élus pour accueillir dignement les milliers de personnes chassés de leurs pays par les responsables de ces actions meurtrières.  Les mouvements qu’ils dirigent fondent leur doctrine sur le fondamentalisme religieux, l’antisémitisme, la xénophobie. Les anciens internés et déportés de Buchenwald se sont battus pour restaurer un monde de paix, de liberté, de tolérance et de démocratie, un monde où les Droits de l’homme seraient respectés, et c’est le message d’avenir qu’ils nous laissent.

Nous savons que l’évolution de la situation politique mondiale est un puissant facteur de situations conflictuelles et notre devoir est de participer, en nous appuyant sur les valeurs que portait le serment de Buchenwald, aux meilleures solutions pour les apaiser et faire face aux situations où la mort menace.

Dominique Durand
Paris, le 20 janvier 2016

Alain Mila

Alain Mila, né en 1966 dans le Tarn est avocat de formation. Après des années d’assistanat à l’Université il se consacre à l’enseignement du droit et de l’histoire dans le secondaire et plus particulièrement à l’histoire de la 2nde Guerre mondiale dont il fait remonter la genèse à la Guerre d’Espagne en juillet 1936. Il s’intéresse tout particulièrement aux victimes du nazisme, du fascisme et du franquisme.

L’été dernier il a accompagné les lauréats du Concours de la Résistance et de la Déportation, à leur voyage mémoriel en Allemagne, camps de Buchenwald, Dora-Mittelbau…

Hôtes de Robert Carrière, ancien résistant déporté, ils l’écoutèrent raconter, 73 ans plus tard, sur les lieux même de ses souffrances, ses souvenirs intacts.

De ces moments de communion entre ces jeunes et cet homme, Alain Mila en témoigne par un portfolio de 16 images noir et blanc que l’évidence lui fit nommer « RENCONTRES ».

Ses photographies résonnent comme une ode à la paix et à la fraternité. Elles sont exposées dans les collèges et lycées, sa façon de participer à la sensibilisation des élèves au travail de mémoire et au devoir d’histoire.

Ces photos sont aussi réunies dans un petit livret.

Après le lycée Clémence Royer à Fonsorbes  ce sera le tour en janvier 2017 de « la galerie 14 » du lycée Matisse à Cugnaux (31), puis ensuite en février/mars au lycée François à Tournefeuille (31)…

Une expo sur la résistance et la déportation

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