Commémorer les victimes homosexuelles du nazisme

En France, les commémorations relatives aux victimes des deux guerres mondiales sont nombreuses : soldats tombés au front, résistants, déportés, Juifs… Mais celles consacrées aux victimes homosexuelles du nazisme sont plus rares. Pourtant, en Allemagne ou aux Pays-Bas notamment, les militants des associations gays et lesbiennes ont fait du droit de commémorer et d’être reconnu comme martyr un combat structurant de leur mouvement et de leur communauté et ont peu à peu réussi à obtenir gain de cause.

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« Le maestro » : pour que vive la musique des camps

Émission du 07/02/2017

Depuis plus de 30 ans, un homme solitaire s’est lancé un défi unique au monde : retrouver, déchiffrer, archiver et jouer toutes les partitions de musique composées dans les camps de concentration de la Seconde Guerre mondiale. 

Une quête haletante et vertigineuse, un voyage dans le temps contre l’oubli à la mémoire de ces femmes et de ces hommes qui ont fait de la musique un acte de résistance et de liberté.

Un film inédit écrit et réalisé par Alexandre Valenti.

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Communiqués autour des manifestations commémoratives du 27 janvier 2017 en Thüringe

Björn Höcke, ancien professeur de lycée, né en 1972, est aujourd’hui président du groupe du parti populiste de droite AfD (Alternative für Deutschland) du Land de Thüringe. Le 17 janvier, en déplacement à Dresde, il   déclarait que le monument de l’Holocauste, à Berlin, était  « une honte »  et qu’il fallait « réorienter à 180° la politique mémorielle. »

Cette déclaration a suscité, en Allemagne de nombreuses réactions indignées.

Le président d’honneur du comité international Buchenwald-Dora, Bertrand Herz, ancien déporté, avec le soutien du président actuel du Comité, Dominique Durand, fils de déporté, a réagit par le communiqué suivant :

Des mouvements politiques extrémistes remettent aujourd’hui totalement en cause, en Allemagne comme dans d’autres pays de la Communauté européenne, la politique de mémoire des crimes du nazisme. L’hommage rendu aux victimes de la plus abominable tentative de destruction de la liberté, de la tolérance et de la démocratie, est indissociable de la réconciliation entre les peuples de l’Europe et du respect dû à  tous les hommes de ce continent.
Les rescapés de la barbarie nazie, les proches des victimes disparues, assassinées par les gaz, exterminées par un travail d’esclave, torturées, abattues, tuées par la famine et la maladie, ne peuvent admettre que le souvenir de cet effroyable holocauste soit rayé des mémoires.
Ils s’opposent de toutes leurs forces à la présence des négateurs de l’holocauste, lors des cérémonies commémoratives en hommage aux victimes du nazisme à Buchenwald, à Dora et dans les différents  kommandos de Thuringe.

A la suite d’interventions publiques du Président de l’Etat libre de Thüringe, M. Bodo Ramelow et du président du parlement de Thüringe, M. Christian Carius, Björn Höcke n’a pu assister à la cérémonie commémorative organisée au parlement, le 27 janvier, à Erfurt, dans le cadre de la journée mondiale consacrée à la mémoire des victimes de l’holocauste.
C’est dans le même esprit que le directeur du Mémorial de Buchenwald, M. Rikola Lüttgenau, lui a interdit l’entrée du camp ce même 27 janvier et pour cette journée du souvenir de l’Holocauste et des victimes du nazisme, considérant, avec justesse, qu’il s’agirait d’une provocation à l’encontre des anciens internés et déportés présents et des familles des 56 000 victimes du camp.
L’attitude de M. Björn Höcke à l’égard de la politique mémorielle allemande sur la période nazie caractérise parfaitement le positionnement national de l’AfD
L’AdD du Bade-Würtemberg, par exemple, a également critiqué les voyages de jeunes dans les camps et a souhaité mettre fin à une allocation du Land au profit du camp de Gurs en France.
C’est dans ce contexte que les amicales internationales de camps ont souhaité publier un communiqué commun.


Le 1er février 2017. Les Comités internationaux des camps de concentration et d’extermination nazis, profondément choqués par les déclarations d’un dirigeant de l’AfD, élu du Land de Thüringe, Björn Höcke, qualifiant le Mémorial aux Juifs assassinés d’Europe à Berlin de « monument de la honte » et souhaitant une réorientation à 180° de la politique mémorielle en Allemagne ;

– rappellent que l’Allemagne nazie a assassiné 6 millions de Juifs en Europe durant la Seconde Guerre mondiale, ainsi que des dizaines de milliers Tziganes, et qu’elle a incarné la barbarie et la monstruosité comme jamais dans l’histoire de l’humanité ;

– saluent la réaction du directeur du Mémorial de Buchenwald, refusant que la commémoration du 27 janvier 2017 de l’Holocause et des victimes du nazisme soit perturbée par cet homme, et lui en interdisant l’accès ;

– expriment à toutes les autorités des Fondations des Mémoriaux et des Mémoriaux des camps leur total soutien et leur vive reconnaissance pour leur travail de mémoire sur le nazisme.

Signataires :

Raphaël ESRAIL, Pdt de l’Union des Déportés d’Auschwitz, Vice-Pdt du Comité International d’Auschwitz,
Dominique DURAND, Pdt du Comité International de Buchenwald,
Bertrand HERZ, Pdt d’Honneur du Comité International de Buchenwald, Commissaire général (2s)
J-M. THOMAS, Pdt du Comité International de Dachau,
Michel CLISSON, Pdt de l’Association des déportés et familles de Flossenbürg,
Guy DOCKENDORF, Pdt du Comité International de Mauthausen,
Jean-Marie MÜLLER, Pdt du Comité International de Natzweiler-Struthof,
Jean-Michel GAUSSOT, Amicale internationale de Neuengamme,
Mmes. Marie-France CABEZA-MARNET et Françoise MARCHELIDON, membres du Comité International de Ravensbrück, au nom de l’Amicale française de Ravensbrück,
Roger BORDAGE, Pdt du Comité International de Sachsenhausen.

« L’Ethnologie du IIIe Reich », documentaire de Daniel Vigne et Jean-Louis Georget

Avec « L’Ethnologie du IIIe Reich », documentaire signé Daniel Vigne et Jean-Louis Georget, « La Case du siècle » met en lumière la supercherie scientifique qui a nourri l’idéologie nazie. Théories racistes, arrangements historiques et folie des grandeurs, la propagande du IIIe Reich ne reculait devant rien pour justifier l’injustifiable… En savoir plus

Diffusion : Dimanche 12 février 2017 à 22.35

 

Disparition de Lucien Colonel

Résistant, déporté à Buchenwald puis dans différents Kommandos, Lucien Colonel nous a quitté à l’âge de 91 ans, dans la nuit du 20 au 21 janvier.
Entré dans la Résistance au sein du mouvement Libération Sud il avait été agent de renseignement et de liaison entre la Savoie et l’Isère, transportant et distribuant des tracts et des journaux clandestins.
Le 11 novembre 1943, lors de la commémoration de la Grande Guerre au monument aux morts de Grenoble, il est arrêté avec 400 autres jeunes. Après un transfert à Compiègne, il est déporté le 17 janvier 1944 à Buchenwald, à Dora puis aux Kommandos d’Osterhagen, de Mackendrode et de Wieda. Au total, il restera 18 mois détenu, dont 16 mois en univers concentrationnaire.
Évadé mais repris par les SS en avril 1945, il parvient à s’échapper dès le lendemain et évite ainsi la tragédie de Gardelegen où périrent brûlés vifs 1016 déportés.
Quand il est rapatrié en France, en juin 1945, il pèse 36 kg. Il est successivement hospitalisé à Aix-les-Bains, puis au plateau d’Assy, où il apprend la photographie.
Lucien Colonel intègre la rédaction du Dauphiné Libéré en 1952 comme reporter-photographe, jusqu’à diriger le service photo haut-savoyard jusqu’à sa retraite, en juin 1980.
Lucien Colonel a déployé une énergie inlassable pour que les nouvelles générations prennent conscience du déni d’humanité que l’Europe a connu sous le nazisme. Membre dirigeant des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, il n’a eu de cesse d’éveiller les consciences, participant ou initiant sans relâche des rencontres avec des collégiens et des lycéens, notamment. Il avait mis sur pied une exposition itinérante sur l’univers concentrationnaire nazi, accompagnait des visites dans les camps de concentration et était membre, dans son département, du jury du Concours national de la Résistance et de la Déportation.

TÉMOIGNAGE DE LUCIEN COLONEL – 1

TÉMOIGNAGE DE LUCIEN COLONEL – 2

TÉMOIGNAGE DE LUCIEN COLONEL – 3

 

Projection du film « Il n’y a pas d’enfants ici »

Jeudi 26 janvier à 14h (et non 14h30) dans le cadre du cycle « Les Jeudis de l’histoire »

Projection du film  « Il n’y a pas d’enfants ici »,  consacré aux dessins de Thomas Geve, un enfant survivant des camps de concentration.

Déporté à Auschwitz à 13 ans, Thomas Geve échappe en raison de sa grande taille à la chambre à gaz et devient le plus jeune détenu du camp d’Auschwitz I. Il participe aux « marches de la mort » et est libéré du camp de Buchenwald le 11 avril 1945.

Trop faible pour être immédiatement évacué, il reste plus d’un mois dans le baraquement du block 29 du camp. Il veut raconter l’indicible à son père. Il parvient à se procurer six minuscules crayons et réalise sur le verso d’un bloque notes de l’administration nazie, 79 dessins sur l’enfer de l’univers concentrationnaire nazi. Rien de l’inhumanité des camps d’extermination et de concentration, ni de la résistance et de la solidarité entre détenus, ne lui échappe. Les dessins d’un enfant, uniques dans l’histoire de la déportation, sont commentés et accompagnés par le témoignage de rescapés.

Musée du Général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris – Musée Jean Moulin – 23, allée de la 2e D.B. Jardin Atlantique (au dessus de la gare Montparnasse), 75015 Paris

Visite de Gitta Gunther au Musée de la Résistance (Blois)

Dans le cadre de l’exposition “Stéphane Hessel : la dignité de l’être humain”, Gitta Gunther, fille d’un déporté à Buchenwald, visitera le Musée de la Résistance, de la Déportation et de la Libération mardi 17 janvier 2017 à 16h. A cette occasion, elle remettra des documents d’archives de Buchenwald (documents personnels, documentation sur le camp…) à Catherine Monteiro, adjointe au maire en charge de la coopération internationale, Yves Olivier, conseiller délégué en charge du Musée de la Résistance et Michel Duru, résistant.

Gitta Gunther est l’auteure d’une monographie sur le camp intitulée “Buchenwald”.

Sa fille, Franka Gunther, sera également présente. Franka Gunther est membre de l’association Dora Kommando et du Mémorial de Buchenwald. Elle est directrice des Rendez-vous de Weimar avec l’histoire, événement qu’elle a créé en 2009 d’après le modèle blésois.

Musée de la Résistance 1 Place de la Grève, 41000 Blois

Source : Mag Centre – lundi 16 janvier 2017

Disparition d’André Bessière, matricule 185074 à Auschwitz, 52625 à Buchenwald

Né le 2 décembre 1926, André Bessière nous a quitté  à l’âge de 90 ans en janvier 2017.

S’engageant très jeune dans la Résistance, il est arrêté en 1943 alors qu’il tente de franchir la frontière espagnole. Il est déporté en avril  1944 à  Auschwitz dans ce qui restera comme « le convoi des tatoués », troisième convoi de « non juifs » à destination de ce camp.
Parmi ses compagnons de futurs ministres et grand commis de l’Etat, comme André Boulloche et Marcel Paul. Le 12 mai avec la plupart des  survivants, il est envoyé vers Buchenwald. Début juin il est affecté au Kommando de Flöha, à quelques kilomètres de Chemnitz, Kommando dépendant du camp de Flossenbürg et qui emploie environ 600 détenus à la fabrication de fuselages d’avions. Parmi ses compagnons, le poète Robert Desnos.
L’évacuation commence le 14 avril 1945, à pied, vers Flossenbürg. Cette marche de la mort, épuisante et impitoyable s’achève le 7 mai 1945 à Theresienstadt.
Le camp est libéré par les troupes soviétiques, mais le typhus comme à Bergen-Belsen, fait des ravages parmi les survivants.
Le 27 juin 1945 André Bessière est rapatrié.
Ce n’est qu’en 1990 qu’il commencera à revenir sur ce passé qu’il a relaté dans plusieurs ouvrages et en créant l’Amicale des déportés Tatoués dont il était jusqu’à ce jour, Président.
Il a laissé plusieurs témoignages, écrits et filmés sur son parcours de jeune résistant  et déporté.

Témoignage d’André Bessière, résistant-déporté

Robert Desnos. La déportation. Témoignage d’André Bessière

À propos du convoi des tatoués

Amicale des Déportés Tatoués du 27 avril 1944