ÉVÈNEMENT CINÉ HISTOIRE : Dernières places pour la présentation d’Ophir Lévy

Le jeudi 5 janvier 2017 à 18h30, Ciné Histoire organise la présentation en avant-première du livre d’Ophir Levy, Les images clandestines (Éditions Hermann « L’Esprit du cinéma », 2016).
La mémoire confuse des camps de concentration et du génocide des Juifs est devenue peu à peu omniprésente, au point d’engendrer un authentique imaginaire des camps dont les motifs resurgissent dans des films n’ayant pourtant aucun rapport avec la Seconde Guerre mondiale. Ces images affectent aussi bien le cinéma de science-fiction hollywoodien (Spielberg) que les séries télévisées ou les films de cinéma dit d’auteurs européens (Godard, Bergman, Resnais, Akerman, Duras). Ainsi, quelles images se trament sous les images ? Quel circuit mystérieux empruntent-elles parfois afin de parvenir jusqu’à nous ? Et surtout, quelles obsessions et de quels discours nos images contemporaines véhiculent-elles ?
Ophir Levy illustrera son propos par des extraits de films qu’il commentera.
Ophir Levy enseigne l’histoire et l’esthétique du cinéma à l’université Paris 3. Docteur en histoire du cinéma, ses recherches ont été récompensées par le prix de la recherche 2014 décerné par l’Inathèque.
 
Gratuit sur réservation obligatoire à nicoledorra@gmail.com et dans la limite des places disponibles.
Lieu : auditorium de l’Hôtel de Ville,
5 rue Lobau 75004 Paris

LETTRE DU PRÉSIDENT DU COMITÉ INTERNATIONAL BUCHENWALD DORA À PROPOS DE L’ATTENTAT DE BERLIN

Après Copenhague, Bruxelles, Paris, Nice, mais aussi Istanbul, Ankara, Tunis, Bamako, Jakarta, Ouagadougou, Le Caire, c’est Berlin qui vient d’être tragiquement victime d’un attentat meurtrier. Au nom du Comité international Buchenwald-Dora et Kommandos, en mon nom personnel, je souhaite partager votre indignation et votre tristesse et vous dire notre solidarité. L’attentat dont la capitale fédérale allemande est la victime nous émeut d’autant plus qu’il endeuille l’Eglise du Souvenir, haut lieu symbolique de la mémoire de l’Allemagne mais aussi de la Seconde guerre mondiale dont les internés et déportés de Buchenwald ont été doublement victimes. Nos pensées vont d’abord vers les familles atteintes, mais nous ne pouvons oublier les efforts du peuple allemand et de la grande majorité de ses élus pour accueillir dignement les milliers de personnes chassés de leurs pays par les responsables de ces actions meurtrières.  Les mouvements qu’ils dirigent fondent leur doctrine sur le fondamentalisme religieux, l’antisémitisme, la xénophobie. Les anciens internés et déportés de Buchenwald se sont battus pour restaurer un monde de paix, de liberté, de tolérance et de démocratie, un monde où les Droits de l’homme seraient respectés, et c’est le message d’avenir qu’ils nous laissent.

Nous savons que l’évolution de la situation politique mondiale est un puissant facteur de situations conflictuelles et notre devoir est de participer, en nous appuyant sur les valeurs que portait le serment de Buchenwald, aux meilleures solutions pour les apaiser et faire face aux situations où la mort menace.

Dominique Durand
Paris, le 20 janvier 2016

Alain Mila

Alain Mila, né en 1966 dans le Tarn est avocat de formation. Après des années d’assistanat à l’Université il se consacre à l’enseignement du droit et de l’histoire dans le secondaire et plus particulièrement à l’histoire de la 2nde Guerre mondiale dont il fait remonter la genèse à la Guerre d’Espagne en juillet 1936. Il s’intéresse tout particulièrement aux victimes du nazisme, du fascisme et du franquisme.

L’été dernier il a accompagné les lauréats du Concours de la Résistance et de la Déportation, à leur voyage mémoriel en Allemagne, camps de Buchenwald, Dora-Mittelbau…

Hôtes de Robert Carrière, ancien résistant déporté, ils l’écoutèrent raconter, 73 ans plus tard, sur les lieux même de ses souffrances, ses souvenirs intacts.

De ces moments de communion entre ces jeunes et cet homme, Alain Mila en témoigne par un portfolio de 16 images noir et blanc que l’évidence lui fit nommer « RENCONTRES ».

Ses photographies résonnent comme une ode à la paix et à la fraternité. Elles sont exposées dans les collèges et lycées, sa façon de participer à la sensibilisation des élèves au travail de mémoire et au devoir d’histoire.

Ces photos sont aussi réunies dans un petit livret.

Après le lycée Clémence Royer à Fonsorbes  ce sera le tour en janvier 2017 de « la galerie 14 » du lycée Matisse à Cugnaux (31), puis ensuite en février/mars au lycée François à Tournefeuille (31)…

Une expo sur la résistance et la déportation

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VOIR PLUS DE PHOTOS

Voyage action-mémoire 2017 (du 10 au 14 Avril 2017 inclus)

Comme chaque année notre Association entend organiser un voyage en Allemagne afin de visiter les sites concentrationnaires de Buchenwald, de Dora et des kommandos d’Ellrich et d’Ohrdruf.

PROGRAMME

Lundi 10 Avril 2017
Voyage aller, départ de Paris le matin vers Ballstedt

Mardi 11 Avril 2017
Visite guidée en français du camp de Buchenwald
et visite du Musée

Mercredi 12 Avril 2017
Matin :
Visites guidées en français du Camp de Dora,
de son Musée et du Tunnel
Après-midi : Visite guidée en français du Kommando d’Ellrich

Jeudi 13 Avril 2017
Matin :
Visite guidée en français du Kommando d’Ohrdruf.
Après-midi : Visite guidée en français du site mémoriel de Buchenwald
(Allée des Nations, Allée des stèles, tombeaux, charniers,
Glockenturm) et visite libre de la Ville de Weimar.

Vendredi 14 Avril 2017
Voyage retour, départ de Ballstedt le matin vers Paris

***

Transport
En autocar de Paris à Paris (Gare routière Montparnasse)

Hébergement et Restauration
Landhotel « Zur Tanne » – Ballstedt

Accompagnateurs
Jean-Claude Gourdin, Christophe Rabineau,
Helmut Lippert (interprète)

Pour de plus amples renseignements, s’adresser à l’Association française Buchenwald, Dora et kommandos
par téléphone au 01 43 62 62 04
ou par mail à contact@buchenwald-dora.fr

Tarifs

Chambre       Adhérent(e)-accompagnant(s)    Non Adhérent(e)
Individuelle                                    595 €                                          650 €
Double (prix/pers)                         575 €                                          620 €
Location fauteuil roulant               50 €                                            50 €

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Disparition de Gotlib

gotlib_1Le dessinateur Gotlib vient de mourir à l’âge de 82 ans. Son père, Erwin Gottlieb, né en 1896 en Roumanie, réfugié en France, avait été déporté par le convoi 37 parti de Drancy le 25 septembre 1943 et arrivé à Auschwitz le 27. Il avait été transféré au camp de Blechhammer, complexe industriel dépendant d’Auschwitz III. Ce camp fut évacué par les SS en janvier 1945 devant la progression accélérée des armées Soviétiques. Après 13 jours de marche les évacués arrivèrent à Gross Rosen d’où ils repartirent le 8 février pour être le 10 à Buchenwald. Walter Spitzer a témoigné de ce voyage.

Erwin Gottlieb est immatriculé au camp 125 256. Il y meurt le 10 février mais son nom ne figure pas sur le registre des morts.

Né le 14 juillet 1934, Marcel Gotllieb sera caché par sa mère chez des agriculteurs d’Eure-et-Loir pour fuir les persécutions antisémites. Il a raconté par écrit ces moments dans « J’existe, je me suis rencontré » et les a évoqués dans une bande dessinée parue dans Pilote en 1969 et intitulée Chanson aigre-douce. Cette double planche a été exposée au musée d’art et d’histoire du judaïsme, à l’occasion d’une exposition qui lui fut consacrée.

Liens :

http://www.cercleshoah.org/spip.php?article403

http://www.cercleshoah.org/spip.php?article477

http://www.actuabd.com/Comment-ca-Marcel-vous-etes-juif

TÉMOINS & TÉMOIGNAGES

Figures et objets dans l’histoire du XXe siècle

PRÉSENTATION ET DÉBAT

VENDREDI 9 DÉCEMBRE 2016 À PARTIR DE 18 HEURES

À cette occasion, Charlotte Lacoste (maître de conférences à l’Université de Lorraine, agrégée de lettres modernes), Bruno Védrines (enseignant de français et formateur
à l’Institut universitaire de formation des enseignants à Genève) et Frédérik Detue (maître de conférences en littérature à l’Université de Poitiers) évoqueront un numéro
de la revue de la Fondation, En jeu. Histoire et mémoires vivantes, consacré à Jean Norton Cru et un numéro de la revue Europe consacré au thème « Témoigner en littérature ».

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FONDATION POUR LA MÉMOIRE DE LA DÉPORTATION
30, boulevard des Invalides – Paris 7e

Par métro : Ligne 13 – Saint-François-Xavier
Par bus : Bus n° 82, 87, 92 – Station Saint-François-Xavier

ACCÈS SUR PRÉSENTATION DE L’INVITATION ET RÉSERVATION PAR COURRIEL À REVUE.EN.JEU@GMAIL.COM OU PAR TÉLÉPHONE AU 01 47 05 81 50

LA DÉPORTATION DE TSIGANES FRANÇAIS A BUCHENWALD

Samedi 29 octobre, le président de la République François Hollande a reconnu la responsabilité de la France dans l’internement de milliers de Tsiganes par le régime de Vichy. « La République reconnaît la souffrance des nomades qui ont été internés et admet que sa responsabilité est grande dans ce drame », a-t-il déclaré lors d’une cérémonie d’hommage sur le site de l’ancien camp de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire).

Des 31 camps gérés par les autorités françaises jusqu’en 1946, dans lesquels furent internés entre 6 000 et 6 500 nomades, Montreuil-Bellay était le plus grand. Plus de 2 000 nomades, des Tsiganes mais aussi des personnes sans domicile fixe de Nantes, y furent internés de novembre 1941 à janvier 1945. Une centaine périrent.

L’ancien secrétaire d’Etat aux anciens combattants Hubert Falco, avait cependant déjà évoqué cette responsabilité lors d’une Journée nationale de la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat français en 2010

Cette politique de mémoire du passé, avec ses hauts et ses bas, est retracée dans l’ouvrage de l’historien Henry Rousso, Face au passé, essais sur la mémoire contemporaine, paru chez Belin cette année.

De Gaulle revenu au pouvoir, écrit l’historien, « a imposé à sa manière une forme de silence officiel sur le régime de Vichy, n’y voyant qu’une parenthèse vite refermée en août 1944 ». Seule exception à cette politique, l’entrée au Panthéon, en 1964, des restes de Jean Moulin.

Pompidou a invité à « jeter le voile, (à) oublier ces temps où les Français ne s’aimaient pas, s’entre-déchiraient et même s’entre-tuaient ». Giscard a supprimé le 8 mai des célébrations nationales. Mitterrand le réinsèrera. Avec lui la Ve République devient plus commémorante. Mais c’est avec Chirac que le « devoir de Mémoire » s’impose. En juillet 1995 il reconnaît publiquement les crimes d’Etat commis par Vichy à l’égard des juifs. Il se préoccupe également de la mémoire des protagonistes de la guerre d’Algérie, accepte le débat sur les « fusillés » de la guerre de 14-18, se penche sur la mémoire de l’esclavage, impose une journée commémorative de l’appel historique du général de Gaulle du 18 juin. Il a « incontestablement ouvert une voie » écrit Rousso. Sarkozy, lui, affiche son hostilité à toute repentance. Cependant il impose en août 2007 la lecture obligatoire dans les lycées de la lettre de Guy Moquet à ses parents et fait du monument en mémoire des victimes des Glières le lieu de son pèlerinage annuel. Enfin, en février 2012, il fait du 11 novembre non seulement l’anniversaire de l’armistice de 1918 mais aussi la journée d’hommage à tous les morts pour la France, un peu à la façon de la journée des coquelicots (Poppy Day) du monde anglo-saxon.

François Hollande a instauré une journée nationale de la Résistance et fait entrer au Panthéon quatre de ses grandes figures. La commémoration du débarquement de juin 1944 a été particulièrement mise en scène.

En reconnaissant la responsabilité de l’Etat français dans l’internement des nomades et tsiganes, François Hollande s’inscrit donc dans le modèle républicain français tel que mis en oeuvre par J. Chirac.

LA DEPORTATION DES TSIGANES FRANÇAIS

En 2012, dans Le Serment N°244, l’Association Buchenwald-Dora avait publié un dossier sur la déportation des tsiganes et le témoignage d’Antoine Lagrené, jeune tsigane français déporté à Auschwitz puis Buchenwald après son internement à Malines (Belgique)