Alain Decaux et « La Chienne de Buchenwald »

Alain Decaux était celui qui, au détour de son célèbre dictionnaire d’Histoire de France ou de ses nombreuses biographies, avait fait découvrir aux jeunes lecteurs l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, des rafles d’enfants, de l’univers concentrationnaire. Lui qui avait connu une enfance tout entière peuplée du souvenir de la Grande guerre, au point de se plaindre de cette surabondance, se plaisait à dire son étonnement que les adolescents, voire les enfants se passionnent pour la Seconde, au point d’en devenir des spécialistes émérites.  » Pourquoi ?  » écrivait-il « Parce que ces années furent celles de la démesure. L’humanité s’est engagée dans l’horreur en des voies si extrêmes qu’elles n’avaient jusque-là jamais été explorées. devant cette réalité, les jeunes s’effarent et s’épouvantent. Donc ils ont soif de savoir… »

Alain Decaux avait préfacé, en 1982, le livre que Pierre Durand, Président du Comité international de Buchenwald de 1982 à 2000 et membre de notre association, a consacré à « la chienne de Buchenwald », la fameuse Ilse Koch, épouse du premier Commandant du camp de Buchenwald. « Le personnage dont Pierre Durand nous donne un portrait inoubliable, écrivait Decaux, a choisi, au sein d’un régime qui annihilait l’homme en le méprisant, de déborder lui-même les limites fixées par ce régime. En bref, Ilse Koch va au-delà d’un système qui est lui-même au-delà. Comment une petite employée de bureau banale – et surtout médiocre – peut-elle en être venue à dépasser les plus grands bourreaux de l’histoire, voilà ce qu’explique, avec la lucidité et l’art d’un grand historien, Pierre Durand ».

Avec la disparition d’Alain Decaux  c’est toute une époque, celle de la vulgarisation de l’Histoire portée par la radio, puis de la télévision qui s’éteint. Certes, le membre de l’Académie qui vient de quitter notre monde était, pour beaucoup d’entre nous, ce fervent zélateur de Victor Hugo ou l’auteur de cette première  » Histoire des Françaises  » qui devait connaître un énorme succès.

C’est ainsi que Decaux  fut aussi,  tant comme ministre  de Michel Rocard chargé de la francophonie –   que comme membre de l’Académie  française, « l’inlassable passeur « , comme il se nommait lui même, de cette mémoire des peuples sans laquelle la jeune citoyenneté ne peut être assumée.

Il aimait à rappeler le rôle du film réalisé par Bertrand Blier en 1962 ,  » Hitler, connais pas !  » , dans son engagement vis à vis d’une » mémoire vive dressée contre les infamies négationnistes » .

Membre du comité d’honneur du MRAP ( Mouvement contre le racisme et pour l’amitié des peuples ) il redoutait par-dessus tout une génération d’  » enfants sans Histoire  » : ce sera là, et jusqu’au bout, le combat de sa vie d’Immortel.

J-F F et DD

Le livre de Pierre Durand est disponible à l’association (15€ port compris)

71ème  anniversaire de la libération des camps de Buchenwald et de Dora

Le Lundi 11 Avril 2016

Fleurissement du Monument
de l’Association française Buchenwald-Dora et Kommandos au Père Lachaise à 15H30. Rendez-vous devant le Monument (entrée rue des Rondeaux – côté Place Gambetta)

Ravivage de la Flamme – Arc de Triomphe à 18H30
Rendez-vous à 18H sur les Champs Elysées (à hauteur de l’angle de l’Avenue Friedland)

Attentats de Bruxelles

Message envoyé par Olivier Lalieu et Bertrand Herz aux Présidents des amicales belges de Buchenwald et de Dora, suite aux attentats de Bruxelles.

Nous apprenons les odieux attentats dont votre pays vient d’être victime.
Nos associations entretiennent la mémoire d’hommes qui ont combattu le fascisme, le nazisme, et des idéologies totalitaires profondément inégalitaires et dangereuses.
Nos voix ne sont pas suffisantes mais elles doivent toujours se faire entendre pour construire un monde qui refuse la barbarie.

Croyez en notre profonde solidarité en ces moments douloureux.

Olivier Lalieu
Président de l’Association Buchenwald Dora et Kommandos

Bertrand Herz
Président du Comité International Buchenwald Dora et Kommandos

Le Corps à l’épreuve de la déportation

Actes du colloque de mars 2015

Sans le corps la vie n’est rien : elle a besoin de son enveloppe et de tout un dispositif qui l’amène à être en lien avec son environnement, à manifester ses états d’âme ou à porter son esprit vagabond. C’est avec le corps que commence la liberté, soit-elle individuelle, civile ou collective. Aussi est-ce au corps que s’en sont pris les grands managers de cette machine infernale que furent les camps de concentration nazis. On y réduit la vie à sa plus simple expression. Elle devient « ce qui reste » : des cadavres, des silhouettes amaigries faisant toutefois preuve d’une créativité inouïe pour résister. Les études présentées dans cet ouvrage nous montrent comment s’est produite la réduction de l’autre, l’opposant politique, le résistant, le Juif, l’homosexuel… à partir de son corps. Et chaque fois se pose la question de ces consciences qui ont bien pu assister à l’organisation de cet univers infernal ou la générer. Observer et analyser ce qu’a pu être la déportation sous l’angle du corps, nous a permis de comprendre que s’il est quelque chose de concret, le corps est aussi ce à partir de quoi la nature devient culture. Et s’en prendre à la culture, ennemie de la pensée unique des totalitarismes, ce fut, dans ce contexte réduire les corps des intolérés à des souffrances extrêmes ou à des morts horribles.

Ont contribué à cet ouvrage :

Corinne BENESTROFF, Marie-Josèphe BONNET, Michel CASTRO, Stanislas DEPREZ, Dominique DURAND, Jean-François FAYARD, Sylvie HUMBERT, Cathy LEBLANC, Marjorie LOMBARD, Christophe PERRIN, Serge RAYMOND, Marie-France REBOUL, Pol VANDEVELDE.

Le Corps à l’épreuve de la déportation, Geai Bleu Editions, mars 2016

Prix : 24,50 € + frais de port

Pour commander, merci de vous adresser à legeaibleu@orange.fr
Ou retirer au secrétariat de la faculté de théologie de l’Université catholique de Lille pour un prix, hors frais de librairie, de 20€.

 

Colloque « Résistance et Libération par les ondes, la bande dessinée et la chanson »

Jeudi 7 avril 2016 à 14 heures à l’Auditorium de l’Hôtel de Ville

PROGRAMME DU COLLOQUE

JACQUES PESSIS, JOURNALISTE, ECRIVAIN
– La Résistance par les ondes… Radio Londres
– Les Voix de la Liberté… « Allo Londres, ici Paris »

XAVIER AUMAGE, ARCHIVISTE AU MUSÉE DE LA RÉSISTANCE NATIONALE DE CHAMPIGNY
– La Résistance et la Libération par la bande dessinée

EMMANUEL THIÉBOT, HISTORIEN AU MÉMORIAL DE CAEN
– La Résistance et la Libération par la chanson… du « Chant des Partisans » à « Ma voiture contre une Jeep » de Georges Ulmer

FABIENNE FÉDÉRINI, SOCIOLOGUE
– Penser l’oubli après 1945 : Voies du silence, voix de l’absence

Tous les exposés sont illustrés par des images, des extraits de films et des documents sonores

Inscription obligatoire dans la limite des places disponibles
Par courriel : memoresist@m-e-r.org
ou courrier / MER – 16-18 Place Dupleix, 75015 Paris – 0145 66 92 32
Cette invitation personnelle – sous forme dématérialisée – sera demandée à l’entrée.

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Conférence « Le statut des internés civils dans le droit international »

par Tiphaine Dupuy de Mery, Maître en histoire et commissaire de l’exposition « les internés oubliés »

Parler des internés civils américains, c’est parler d’une catégorie à part dans l’enfer de l’internement durant la Seconde Guerre mondiale.

Ces hommes emprisonnés à Compiègne de 1941 à 1944 bénéficièrent d’un statut privilégié tout au long du conflit. Leur existence permit incontestablement le développement d’un nouveau droit international visant à protéger les victimes civiles des guerres, sous couvert d’une institution genevoise efficace et volontaire.
Alors, qui étaient ces hommes ? Quel était leur statut juridique? En quoi leur existence a-t-elle fait évoluer le droit de l’époque ?
Autant de questions auxquelles nous tenterons de répondre lors de cette conférence.

Le 19 mars 2016 à 15h

Mémorial de l’internement et de la déportation
2 bis, avenue des Martyrs de la Liberté
60200 Compiègne
Téléphone : 03 44 96 37 00 ou memorial@compiegne.fr

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Table ronde : Henri Manhès, Compagnon de la Libération

Samedi 19 mars 2016 à 14h

Fondateur, avec Marcel Paul, de notre association, Frédéric-Henri Manhès est à l’honneur le 19 mars 2016,  à 14h au Musée du Général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris.

Programme

Henri Manhès, résistant par Christine Levisse-Touzé et Jean-Marie Guillon, professeur émérite de l’Université – Aix-Marseille
Le déporté résistant par Olivier Lalieu, historien et président de l’Association Française Buchenwald Dora et Kommando
Le fondateur de la FNDIRP par Serge Wolikov, professeur émérite de l’Université de Dijon
Le médaillé de la Résistance et Compagnon de la Libération par Vladimir Trouplin, directeur du musée de l’Ordre de la Libération

Musée du Général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris – Musée Jean Moulin – 23 allée de la 2e DB Jardin Atlantique 75015 Paris

RSVP : Tel 01 40 64 39 49
ou par mail : cecile.cousseau@paris.fr

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Les Femmes oubliées de Buchenwald

Depuis 1977, le 8 mars est reconnu par les Nations Unies comme la Journée internationale des femmes.
C’est l’occasion pour notre Association de rappeler que des femmes furent déportées à Buchenwald. On parle des Femmes oubliées de Buchenwald.
Agnès Triebel, qui avait, en 2005, présenté une exposition sur ce sujet sous l’égide de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, et en partenariat avec le Mémorial du Maréchal Leclerc et de la Libération de Paris/Musée Jean Moulin, évoque dans le texte qui suit « Les Femmes oubliées de Buchenwald ».

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