« Si je vais en enfer, j’y ferai des croquis ! » Œuvres de Boris Taslitzky

Ensemble d’œuvres de la donation faite au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme en 2016 par Evelyne Taslitzky, fille du peintre

Du mercredi 27 septembre 2017 jusqu’au dimanche 22 avril 2018
Julien Cain par Boris Taslitzky

La donation faite au mahJ en 2016 par Evelyne Taslitzky, fille du peintre Boris Taslitzky (1911-2005) est un enrichissement majeur de la collection du musée. Cet ensemble exceptionnel comprend deux tableaux datant de 1927, un autoportrait à l’âge de seize ans et un portrait de sa mère – qui sera assassinée à Auschwitz –, ainsi que dix dessins datant de sa détention à Buchenwald, en 1944-1945, qui constituent un témoignage insigne sur l’univers concentrationnaire : scènes du quotidien et portraits, certains esquissés, d’autres particulièrement achevés, comme ceux de Julien Cain, administrateur de la Bibliothèque nationale, ainsi que du dessinateur et poète Paul Goyard.

Né à Paris de parents russes, Taslitzky commence à peindre dès l’adolescence et entre à l’école des Beaux-Arts en 1928.
En 1933, il adhère à l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires puis, en 1935, au Parti communiste. Peintre réaliste et admirable dessinateur, ses oeuvres sont portées par son engagement. Dès 1940, il entre dans la Résistance.
Arrêté en novembre 1941 et condamné à deux ans de prison, il connaît les prisons de Riom, de Mauzac, puis le camp de Saint-Sulpice-la-Pointe avant d’être déporté à Buchenwald en juillet 1944. Il commence à y dessiner avec un bout de crayon et quelques morceaux de papier de récupération, sans savoir qu’il met en danger les autres détenus. Alerté, Marcel Paul, dirigeant de la résistance clandestine française dans le camp, estime que Taslitzky sera, grâce à ses dessins, un témoin irremplaçable, et il organise sa protection.
Les autres détenus surveillent les abords quand il dessine et lui fournissent du matériel, recueilli au péril de leur vie. Il réalise ainsi plus de deux cents dessins et participe à l’insurrection qui mène à la libération du camp en avril 1945.

La plupart des dessins de Buchenwald seront publiés en 1946, sur une initiative de Louis Aragon, proche de l’artiste. Dans l’après-guerre, il poursuit une oeuvre fortement inspirée par les luttes anticoloniales et le combat pour la dignité humaine.

Taslitzky disait : « Si je vais en enfer, j’y ferai des croquis.
D’ailleurs j’ai l’expérience, j’y suis déjà allé ! »

SITE DU MUSÉE D’ART ET D’HISTOIRE DU JUDAÏSME