Land de Thüringe, une situation préoccupante

L’Association française Buchenwald-Dora et Kommandos considère comme positive la démission, sous pression notamment de la chancelière allemande Mme Angela Merkel, de M. Kemmerich, député FDP libéral élu le 5 avril Président de l’Etat libre de Thüringe avec les voix des formations de droite du Parlement de ce Land et celles de l’extrême droite, le Parti néo fasciste AfD. Bodo Ramelow, membre de die Linke, qui jouait sa réélection, avait été battu, au troisième tour, d’une voix.

« Nous avons obtenu la plus belle des victoires, en Thuringe. A présent nous sommes vraiment un parti incontournable là-bas ; les partis de Thuringe, qui formaient auparavant le gouvernement, ne peuvent plus former de majorité sans notre participation. » Cette citation n’est pas celle du leader local de l’AfD M. Björn Höcke, mais d’Adolphe Hitler, le 2 février 1930. Un National-socialiste Wilhelm Frick, venait d’être nommé ministre de l’Intérieur et de l’Education du Land. En mars 1933 c’est lui qui comme ministre de l’Intérieur cette fois-ci du Reich, initiera la première loi excluant tous les juifs de la Fonction publique.

Le parti d’Hitler était devenu « faiseur de Roi » tout comme l ‘AfD l’est devenu en 2020 en Thüringe, le tabou de l’alliance entre la droite classique, celle de la CDU-CSU avec l’AfD ayant sauté.

Et le 5 février au soir l’éditorialiste de la chaîne allemande ZDF, ajoutait que le terminus de cette répétition de l’histoire c’était Buchenwald.

Toutes les forces de la société civile doivent prouver leur capacité de résistance aux discours de haine et d’exclusion. La droite allemande doit se ressaisir, la gauche et les verts retrouver une majorité puisque la situation appelle de nouvelles élections vont avoir lieu.

C’est dans ce contexte que vont avoir lieu les commémorations de la libération de Buchenwald, le 5 avril.

Elles se dérouleront en présence du Président de la République fédérale allemande au Théâtre national de Weimar et sur la place d’Appel du camp. Elles serons, n’en doutons pas, l’un des points forts de cette résistance.

N’oublions pas que M.Höcke avait considéré le Mémorial de l’Holocauste à Berlin de « Monument de la Honte » et appelé à un « revirement à 180° de la politique de mémoire » en Allemagne