LA CONFÉRENCE DE NIKOLAUS WACHSMANN

LA CONFÉRENCE DE NIKOLAUS WACHSMANN

LA CONFÉRENCE DE NIKOLAUS WACHSMANN
à l’invitation de l’Union des associations de mémoire des camps nazis 

Dans le cadre prestigieux du Grand Salon de la Sorbonne, à l’initiative de l’Union des associations de mémoire des camps nazis (Interamicale), qu’avait bien voulu soutenir le Recteur de l’académie de Paris, une importante conférence de l’historien Nikolaus Wachsmann s’est tenue lundi 2 mars. Après quelques mots d’accueil par Monsieur Rachid Azzouz, représentant le Recteur, il revint à Dominique Durand d’ouvrir la séance au nom de l’Interamicale et à Dominique Boueilh de conclure.

Nikolaus Wachsmann, professeur à Birbeck College (Université de Londres) est l’auteur de l’imposante somme traduite en français en 2017 sous le titre : KL. Une Histoire des camps de concentration nazis. Devant un public constitué de membres des associations, d’universitaires et d’élèves et étudiants d’Île-de-France encadrés par leurs professeurs, Nikolaus Wachsmann a répondu aux sagaces questions d’Emmanuel Laurentin, journaliste à France Culture.

Posant d’emblée le problème du langage approprié pour ce sujet sensible, il a insisté sur l’importance et la diversité des témoignages individuels, chaque parcours étant unique. Le temps est selon lui peut-être venu de synthétiser les apports des témoins et de plusieurs générations d’historiens dans ce qu’il a nommé une « histoire intégrée ». Interrogé sur les origines de ces camps, peu connue en France, il a insisté sur leur diversité initiale, les hésitations voire l’improvisation dont ils furent d’abord le résultat, avant que leur soit donnée une forme de cohérence – toutefois adaptable aux phases successives de leurs douze années d’existence, la guerre leur donnant une dimension nouvelle. Les SS y conçurent leur action comme une forme de guerre intérieure au Reich ; la fonction du travail y évolua, de la pure humiliation à l’exploitation économique d’une population esclave ; la société allemande y trouva une image terrorisante et galvanisante. Nikolaus Wachsmann dénonce à ce propos deux mythes : celui d’un peuple allemand innocent parce qu’ignorant ; et celui du « grand silence » de la mémoire des années 50-60 en Europe.
Pour illustrer la complexité de cette histoire, Nikolaus Wachsmann a repris, comme dans son ouvrage, l’exemple de l’évolution spécifique du camp d’Auschwitz. Il s’est, pour terminer, avancé sur la piste d’une histoire « émotionnelle » où les témoignages des détenus trouveraient toute leur place – mais où les bourreaux auraient aussi, à leur manière, la leur.

Claude Simon


Comments are closed.