Allemagne : 75 ans après sa libération, Buchenwald rend un hommage virtuel aux victimes du nazisme

Le mémorial du camp de concentration a été contraint d’annuler ses commémorations en raison de la pandémie de coronavirus.

 

Le devoir de mémoire avant tout. S’il a été contraint d’annuler ses commémorations en raison de la pandémie de Covid-19, le mémorial du camp de concentration de Buchenwald (Allemagne) a virtuellement rendu hommage aux victimes du nazisme, samedi 11 avril, à l’occasion des 75 ans de sa libération.

Sur un site accessible en trois langues (allemand, anglais et français), le mémorial a publié une « Déclaration de Thuringe », sous forme de pétition appelant à « défendre la démocratie et les droits humains » dans un contexte de regain de l’extrême droite, notamment en Allemagne. « Aujourd’hui, cependant, le radicalisme de droite et l’autoritarisme ont le vent en poupe, tout comme la logique de supériorité nationale, le nationalisme et l’affaiblissement de l’unité européenne », prévient le texte. « Le racisme et l’antisémitisme se propagent ouvertement et conduisent à des actes de violence en Allemagne également, ce qui aurait été impensable il y a quelques années encore« , rappelle la déclaration.

L’entrée du camp de concentration de Buchenwald (Allemagne), le 27 janvier 2020. (JENS SCHLUETER / AFP)

Le devoir de mémoire avant tout. S’il a été contraint d’annuler ses commémorations en raison de la pandémie de Covid-19, le mémorial du camp de concentration de Buchenwald (Allemagne) a virtuellement rendu hommage aux victimes du nazisme, samedi 11 avril, à l’occasion des 75 ans de sa libération.

Sur un site accessible en trois langues (allemand, anglais et français), le mémorial a publié une « Déclaration de Thuringe », sous forme de pétition appelant à « défendre la démocratie et les droits humains » dans un contexte de regain de l’extrême droite, notamment en Allemagne. « Aujourd’hui, cependant, le radicalisme de droite et l’autoritarisme ont le vent en poupe, tout comme la logique de supériorité nationale, le nationalisme et l’affaiblissement de l’unité européenne », prévient le texte. « Le racisme et l’antisémitisme se propagent ouvertement et conduisent à des actes de violence en Allemagne également, ce qui aurait été impensable il y a quelques années encore« , rappelle la déclaration.

A la lumière de la mémoire historique, il apparaît clairement que les poisons dévastateurs d’hier sont une fois de plus salués comme la panacée.le mémorial du camp de Buchenwaldsur son site

Le site relaie aussi des témoignages de survivants du camp. « Tout le monde ne peut pas être un héros, un homme politique, un philosophe, un altruiste. Mais chacun peut respecter la dignité de tout autre individu ou tendre une main secourable à quelqu’un dans la détresse », écrit ainsi Jack Unikoski, survivant polonais de 93 ans, vivant actuellement en Australie. « Soyez aimables et tolérants envers les autres. La haine d’un groupe peut vite s’étendre aux autres. La leçon a été rude : à toi aussi, cela peut t’arriver », témoigne encore Chava Ginsburg, Hongroise de 90 ans qui a survécu à Auschwitz, Bergen-Belsen et au camp pour femmes de Markkleeberg, dépendant de Buchenwald.

Des cérémonies repoussées à 2021

Tous deux figuraient, avec 40 autres rescapés de 14 pays, parmi les invités qui avaient confirmé leur présence aux célébrations initialement prévues les 5 et 7 avril aux camps de Buchenwald et Mittelbau-Dora. Entre sa création en 1937 et sa libération en avril 1945 par ses propres prisonniers, quelque 56 000 personnes périrent à Buchenwald et plus de 20 000 à Mittelbau-Dora, créé en août 1943 comme dépendance du premier et destiné à la fabrication de missiles V2.

Les nombreuses manifestations prévues sur plusieurs jours pour marquer l’anniversaire de la libération de ces deux camps ont toutes été annulées en raison de l’épidémie de nouveau coronavirus. Les cérémonies seront repoussées à 2021, a indiqué le directeur du mémorial, Volkhard Knigge. Il a invité le public à venir cependant déposer samedi des fleurs à l’entrée des deux camps « dans le respect des règles de distanciation sociale ».