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Les oblats de Buchenwald

Les oblats de Buchenwald

Un hommage a été rendu, le 24 juillet, à cinq Oblats de La Brosse-Montceaux (Seine et Marne) massacré dans leur séminaire des Missions des Oblats de Marie immaculée par un groupe SS de Fontainebleau le 24 juillet 1944. Un monument rappelle leur martyr. Les 86 autres furent, après un passage par Compiègne, déportés vers le Reich dont un certain nombre à Buchenwald.
De nombreux membres de cette congrégation missionnaire ont en effet participé à la résistance, tel Gibert  Thibeaut qui, requit pour le STO, rejoignit le réseau Turma.
Dénoncé par un membre du réseau lui-même arrêté, Gilbert est arrêté, torturé, puis emprisonné à Fresnes avant de rejoindre le camp de Compiègne, d’où il est déporté à Buchenwald le 14 janvier 1944, matricule 43530.
Transféré dans le kommando de Wansleben, il travaille à la mine de sel qui imprègne tellement sa tenue de bagnard qu’une fois enlevée, elle tient debout. Ce séjour en camp de déportation dont il sortira affaibli le marquera profondément tant physiquement que psychologiquement.
La présidente de la délégation de Seine et Marne des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation participait à cette cérémonie

Nos amis de Seine Maritime en Assemblée Générale

Nos amis de Seine Maritime en Assemblée Générale

L’association dieppoise Buchenwald-Dora a tenu son assemblée générale fin juin.
à la maison des associations de Dieppe (Seine-Maritime).
Après un rapide bilan des activités de l’année et un rappel de la mission de l’association effectuée par la secrétaire, Élodie Anger, conseillère municipale déléguée à la mémoire,  le président de l’association, Quentin Dubost, est revenu longuement sur l’organisation compliquée du voyage annuel à destination des collégiens du département. Voir Serment ???
« Nous avons de gros problèmes pour trouver des accompagnateurs. Souvent, nous sommes prévenus au dernier moment par les collèges, qui tardent parfois à nous indiquer ne serait-ce que si le professeur accompagnateur est un homme ou une femme » déplore Quentin
Autre motif de mécontentement, obtenir la liste définitive des élèves participant au voyage relève parfois du parcours du combattant.
Pour cette année, certaines listes ne sont arrivées qu’une semaine avant le départ, le 6 avril.

« Or, un voyage se prépare en amont. Dès aujourd’hui, nous préparons celui de l’année 2019 » explique le président.
Pour remédier à cela, Quentin Dubost a décidé d’établir désormais une date limite de prise en compte des candidatures pour éviter tout problème administratif à l’avenir.
« Les collèges devront nous fournir une première liste le 30 novembre, puis la liste définitive pour le 6 mars 2019. »
Des dates jugées acceptables par les représentants du collège Claude Delvincourt de Dieppe présents à l’assemblée générale.
Le prochain voyage de l’association Buchenwald sera organisé du 13 au 18 mai 2019

Un espace Walter Spitzer, KLB 124465, au Musée de la Musique mécanique des Gêts

Un espace Walter Spitzer, KLB 124465, au Musée de la Musique mécanique des Gêts

Le Musée de la Musique Mécanique des Gêts (Haute Savoie), connu pour sa fameuse collection Roger et Gallet d’automates, son manège, son carillon automatique et son orgue aéolian, a reçu, samedi 30 juin, notre ami Walter Spitzer, né en 1927, peintre et sculpteur universellement reconnu, rescapé d’Auschwitz et Buchenwald.
Walter Spitzer inaugurait officiellement un espace à lui dédié,  « l’Espace Walter Spitzer », abritant 11 de ses œuvres (peintures, lithographies, dessins et une sculpture) et dévoilait une douzième oeuvre, l’une de ses toiles majeures, « La Fête Foraine » réalisée en 1984, financée par de généreux mécènes.
Sur le tableau, l’artiste exprime d’un trait précis et un jeu magnifique de couleurs éclatantes la fête et la joie.
Ces pièces uniques ont trouvé avec bonheur leur place dans le Musée des Gêts car dans chacune d’elle figure un joueur d’orgue de barbarie. La magie de cet instrument produisant de la musique en tournant la manivelle avait marqué l’artiste dans son enfance en Pologne.
Né en 1927 à Cieszyn, Walter Spitzer est issu d’une famille juive bourgeoise et traditionaliste. A l’âge de quatre ans, il se prend de passion pour le dessin. C’est d’ailleurs cette passion et son talent qui le sauveront quand il sera plongé dans l’enfer des camps, comme des millions d’autres qui n’en reviendront pas.

Le 1er septembre 1939, l’armée allemande envahit la ville de Cieszyn : c’est le début de l’horreur, et l’annexion de la Pologne au IIIème Reich. Les juifs sont peu à peu expulsés ou regroupés dans un ghetto. Walter perd vite son père Samuel, mort de maladie en 1940 et dont le frère, Harry, la sœur Edith et le neveu Ernst ont été fusillés. Walter est bientôt séparé de sa mère, Gretta. Il apprendra bien plus tard qu’elle a été exécutée par les Allemands.
Pour Walter, c’est direction Blechhammer, et l’un de ses camps de travail rattaché à Auschwitz, en 1943. Il y porte désormais le numéro de matricule n°178 489. Devant l’avance de l’armée soviétique Blechhammer est évacué le 21 janvier 1945. C’est alors l’infernale « marche de la mort » qui conduit Walter et les autres déportés rescapés vers Gross Rosen puis Buchenwald où il arrive le 10 février. On lui attribue le matricule 124465.
Tout au long de ces terribles mois de déportation, entre Blechhammer et Buchenwald, Walter Spitzer dessine et propose ses dessins à ses camarades prisonniers. Il parvient ainsi à améliorer son quotidien. Il échange ses créations pour un morceau de pain, des pommes de terres ou une soupe de plus.
Alors qu’il est à Buchenwald, une nuit de janvier 1945, Walter est réveillé et doit se rendre devant le chef de son block. Quelques heures plus tard, il doit faire partie d’un « transport » qui mène vers un autre camp où l’espérance de vie est de « huit jours « . Dans son livre Walter Spitzer se souvient des paroles formulées au milieu de la nuit : « Nous, le Comité international de résistance aux nazis, avons décidé de te soustraire à ce transport. Depuis que tu es là, nous t’observons. Tu dessines tout le temps, tu sais voir. C’est cela qui nous a décidés. Mais tu dois nous promettre solennellement que, si tu survis, tu raconteras, avec tes crayons, tout ce que tu as vu ici « .
Affecté à un Baukommando où il empile des briques, Walter est alors transféré à un atelier de tri de vêtements.
Début avril il est intégré dans une des colonnes d’évacuation en direction de Iéna puis Géra. Un kapo allemand les aide à fuir. Le 13 avril il est libéré par les Américains.
Walter Spitzer rejoint Paris où il s’inscrit à l’école nationale supérieure des Beaux-Arts. Il a consacré une partie de son œuvre sculptée et peinte à témoigner. Il illustrera des ouvrages de Kessel, Sartre, Malraux … Il a réalisé notamment le monument commémoratif de la rafle du Vel d’Hiv inauguré en juillet 1994 à Paris par François Mitterrand. Walter Spitzer s’est exprimé aussi par les mots dans son livre « Sauvé par le dessin »(Favre 2004) préfacé par son ami Elie Wiesel, prix Nobel de la Paix.

Appel de MILAN du 1er juillet 2018

Appel de MILAN du 1er juillet 2018

Les présidents, vice-présidents et secrétaires généraux des Comités Internationaux des camps de concentration nazis se sont réunis à Milan, à la Casa della Memoria, le 1er juillet 2018 à l’initiative de l’Associazione Nazionale Ex Deportati Nei Campi nazisti (ANED). Devant les menaces avérées contre la mémoire et l’avenir de l’Europe et de ses citoyens, ils lançent solennellement l’appel suivant :

Nous sommes dépositaires des témoignages des rescapés des crimes nazis, porteurs d’une mémoire vivante et douloureuse et nous nous faisons les porte-paroles des milliers d’hommes et de femmes survivants des camps, de leurs descendants et des simples citoyens qui militent au sein de nos associations.

 Nous avons à coeur de préserver de l’oubli, de la banalisation et de la destruction les anciens camps de concentration devenus lieux de mémoire de l’humanité, en nous basant, entre autres, sur la résolution du Parlement européen du 11 février 1993 «sur la protection européenne et internationale comme monuments historiques des sites des camps de concentration nazis». Les récentes atteintes aux sites de Mauthausen et de Flossenbürg suscitent notre indignation.

Nous sommes indignés par l’abstention des États de l’Union Européenne lors de l’adoption par l’ONU, le 21 novembre 2014, d’une résolution dont l’objet était la lutte contre la glorification du nazisme.

Nous restons vigilants devant les tentatives nationalistes et populistes d’effacer de la mémoire européenne ces lieux de barbarie mais aussi de combats et de solidarité.

La Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948 rappelle que «la méconnaissance et le mépris des Droits de l’Homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l’humanité». Des centaines de milliers de déportés dans les camps nazis en ont été victimes.

Depuis plus de soixante-dix ans, les survivants et leurs descendants sont fidèles aux serments faits lors de la libération des camps. Sans relâche ils ont agi pour la paix, la solidarité fraternelle entre les peuples. Par leurs témoignages ils ont lutté contre le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie et les thèses de l’extrême droite en Europe.

Aujourd’hui, devant l’arrivée de réfugiés poussés par la guerre et la misère, la réponse de certains États européens n’est pas l’accueil humanitaire mais la fermeture de leurs frontières. La Méditerranée est devenue un immense cimetière où les espoirs de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants ont pris fin. L’Europe semble avoir perdu sa mémoire. Beaucoup d’Européens, avant et après la guerre, étaient eux-mêmes des réfugiés. Ils ont connu la solidarité mais aussi la discrimination et le rejet. L’Europe doit retenir les leçons terribles de son histoire récente et ne pas fermer les yeux devant ses responsabilités.

Quelles valeurs voulons-nous transmettre aux jeunes générations ? L’égoïsme et la peur de l’autre ne doivent pas remplacer les valeurs d’humanisme qui sont au cœur de notre histoire commune et de nos engagements.

Nous faisons donc appel à tous les élus des institutions nationales et européennes pour que leur recherche commune de réponses adaptées aux phénomènes migratoires soit guidée en priorité par le respect de la dignité humaine.

Premiers Signataires :

Cérémonie en l’honneur de Raphaël Elizé

Cérémonie en l’honneur de Raphaël Elizé

Le 13 juillet à 11h, un arbre sera planté à Weimar (Kromsdorfer Str.) en l’honneur de Raphaël Elizé. Raphaël Elizé, né en 1981 à La Martinique, était maire de Sablé-sur-Sarthe (près du Mans), le premier maire noir d’une ville de France métropolitaine. Arrêté en 1944 pour faits de résistance, il a été déporté à Buchenwald et est mort victime du bombardement du 9 février 1945.

DÉCOUVRIR SA BIOGRAPHIE

Compte-rendu | Journée de formation sur la Shoah et le système concentrationnaire nazi (16 juin, Espace Aimé Césaire)

Compte-rendu | Journée de formation sur la Shoah et le système concentrationnaire nazi (16 juin, Espace Aimé Césaire)

Le 16 juin, une journée de formation sur la Shoah et le système concentrationnaire nazi s’est tenue à l’Espace Aimé Césaire, futur lieu des expositions du MRN pour les responsables des amicales des camps. Olivier Lalieu, président de l’Association française Buchenwald Dora et Kommandos (AFBDK) et Thomas Fontaine, directeur du Musée de la Résistance nationale (MRN) ont respectivement mis en perspective l’histoire de la Shoah et celle du système concentrationnaire et des déportations de répression. Les participants ont également pu découvrir le futur site du MRN. Cette journée de formation fait partie des initiatives organisées dans le cadre de la convention qui lie le MRN et l’AFBDK.

Source : LA LETTRE D’INFORMATION du MRN 

Colloque | Ravensbrück, Mémoires pour l’avenir

Colloque | Ravensbrück, Mémoires pour l’avenir

De nombreuses déportées au camp de Ravensbrück ont été transférées dans des kommandos de travail placés sous la responsabilité administrative de Buchenwald.

Organisé par l’Association Germaine Tillion à l’occasion du dixième anniversaire de la mort de Germaine Tillion, en son honneur et en hommage à toutes les femmes françaises résistantes, internées, déportées, et placé sous le haut patronage de Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République.

Un colloque « Ravensbrück, Mémoires pour l’avenir » se déroule le 7 juin, de 9 h 30 à 19 h 30

Hémicycle du Conseil économique, social et environnemental,
9, place d’Iéna, 75016 Paris
Avec la participation de :
Olivier Mongin, Thomas Fontaine, Eric Vuillard, Monika Gödecke, Noëlle Vincensini, Lili Leignel, Jean-Claude Passerat, Odile Benoist-Lucy, Corinne Halter, Anne-Marie Pavillard, Nelly Forget, Boris Cyrulnik et d’anciennes déportées

Entrée gratuite sur réservation obligatoire jusqu’au 30 mai
Par mail : colloquegermainetillion@gmail.com

Remise des prix du Concours national de la Résistance et de la Déportation 2018

Remise des prix du Concours national de la Résistance et de la Déportation 2018

Les élèves du Collège Joliot-Curie de Stains suivis par notre association et ayant remporté le prix spécial « passeurs de Mémoire » du jury national du Concours national de la résistance et de la déportation, ont reçu leur prix au Lycée Louis le Grand des mains du ministre Jean-Michel BLANQUER, en présence de Geneviève DARRIEUSSECQ, secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées le mardi 15 mai 2018.

Chorale du collège Joliot-Curie de Stains


Mlle Muskan Ali, Mlle Fatoumata Dibassi, Mlle Louivya Gnanzou, Mlle Rania Mohamedi (collège Joliot-Curie de Stains) accompagnées de M Fabien Pontagnier (professeur d’Histoire-Géographie) et de M Amaury Pierre (professeur d’éducation musicale) lors de la remise des prix.

Voir aussi les Serment N°364, 365 et 366

Journée nationale de la Résistance 2018 à Paris

Journée nationale de la Résistance 2018 à Paris

Déporté à Buchenwald, premier président de notre association, « Frédéric » (son pseudo) Henri Manhès était l’un des adjoints de Jean Moulin. Arrêté quelques semaines avant la réunion du CNR  rue Dufour, Manhès n’eut de cesse, à Buchenwald, de réunir clandestinement les Français résistants au sein d’un Comité des intérêts français, sorte de CNR à Buchenwald.

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Quand l’Histoire soigne : recherche, généalogie et résilience

Quand l’Histoire soigne : recherche, généalogie et résilience

Spécialiste de Jorge Semprun auquel elle a consacré sa thèse, notre amie Corinne Benestroff interviendra au 4 e congres mondial sur la résilience, à Marseille.
Tout d’abord le Jeudi 28 mai  à 18h  – dans une table ronde consacrée à «Littérature et Résilience” animée par Boris Cyrulnik, puis dans un atelier consacré aux  » méthodes d’intervention » le samedi 30 mai: Quand l’Histoire soigne : recherche, généalogie et résilience,

Corinne Benestroff est psychologue clinicienne à l’Etablissement Public de Santé de Ville-Evrard (psychiatrie de l’adulte), docteur en littérature, chargée de cours à l’IUT R. Descartes-Université Paris V, ses travaux de recherche portent sur les thèmes suivants : liens entre Histoire et histoires indivi- duelles, traumatismes collectifs (guerres, déportation, génocides) et résilience, fonctions thé- rapeutiques de l’écriture et de la littérature.

Publications
26 publications dans des revues scientifiques, thèse publiée Jorge Semprun, entre résistance et résilience, Paris, CNRS Éditions, 2017.