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« Écrire sa déportation » Conférence-débat de Corinne Bénestroff

« Écrire sa déportation » Conférence-débat de Corinne Bénestroff

Les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation vous convie à assister à la conférence débat de Corinne Bénestroff , docteur en littérature française sur le thème « Ecrire sa déportation » .

Corinne Bénestroff dédicacera son livre

 » Jorge Semprun. Entre résistance et résilience »
Paris, CNRS Editions, 2017

« MAUTHAUSEN, L’AUTRICHE, L’EUROPE », un article de Daniel SIMON, Président de l’Amicale française de Mauthausen et ses kommandos

« MAUTHAUSEN, L’AUTRICHE, L’EUROPE », un article de Daniel SIMON, Président de l’Amicale française de Mauthausen et ses kommandos

De retour d’Autriche, où il a rencontré différentes personnalités impliquées dans la Mémoire de la Déportation, Daniel Simon, Président de l’Amicale française de Mauthausen et ses kommandos a fait part, auprès de ses interlocuteurs français, de son inquiétude quant à l’avenir du Mémorial de Mauthausen et, plus généralement, à la mémoire de la période nazie en Autriche. Voici son texte.

MAUTHAUSEN, L’AUTRICHE, L’EUROPE

L’Amicale de Mauthausen a appris à connaître la société autrichienne, son hostilité parfois, ses refoulements, la mutation fragile de sa relation au passé, le courage de quelques militants accueillants. L’inquiétude est grande face à la nouvelle coalition gouvernementale incluant le FPÖ : un ministre d’extrême-droite est responsable des nécropoles, mémoriaux et archives du camp nazi.

Sur le monument français, érigé en 1949 à Mauthausen, on lit : « À l’Autriche libérée, la France confie ses morts ». L’énoncé prend aujourd’hui une acuité imprévue : il est une injonction. Sa mise en œuvre fut toujours un combat, dans un pays qui a mis du temps à se souvenir avoir plébiscité l’Anschluss et fourni de nombreux hiérarques à la SS, avant les décennies d’occultation, voire de négation du passé auxquelles fit face la violente solitude de Thomas Bernhard, parmi quelques grandes consciences critiques et d’obscurs militants courageux.

En Autriche, la nouvelle majorité gouvernementale inclut le FPÖ, un parti que ses origines, ses attaches symboliques et ses positions politiques classent sans conteste à l’extrême-droite. Il occupe des postes de premier plan – Intérieur, Défense, Affaires étrangères – et son chef, Heinz Christian Strache, est vice-chancelier. Depuis 1955, lorsque le pays recouvre sa souveraineté, les archives et le mémorial de Mauthausen sont affectés à l’Intérieur – interrogées sur cette bizarrerie, les autorités elles-mêmes répondent que ça n’a intéressé personne… Ce patrimoine historico-culturel est tombé aujourd’hui entre les mains d’Herbert Kickl, plume et cerveau de Jorg Haider, le dirigeant du FPÖ mort en 2008.

Face au nouveau pouvoir, rien qui rappelle la mise au ban de l’Autriche par l’Europe lorsque le FPÖ, en 2000 déjà, avait été admis, avec un poids bien moindre, dans une coalition de gouvernement. Dans un espace continental où l’extrême-droite a élargi son audience, abattu les tabous, chacun fait comme s’il ne se passait rien.

Une tragédie européenne

Dans la tête du nouveau titulaire de l’Intérieur comme dans celle de ses électeurs, le devenir du mémorial de Mauthausen passe probablement après le « problème des migrants ». Mais il serait imprudent de croire qu’un ministre idéologue négligera les repères symboliques. Si l’approche des questions migratoires peut, en théorie, s’effectuer hors de tout préjugé sur l’autre, on ne peut attendre cette exigence philosophique de l’extrême-droite, dont la xénophobie est la signature fondatrice. Déniant annoncer le retour du racisme d’Etat, le nouveau pouvoir ne fait pas illusion : le visage de l’étranger inassimilable, dans l’Autriche d’aujourd’hui – pour les raisons historiques que l’on sait –, ce n’est pas le juif, mais le musulman, voilà tout. L’anonymat du graffiti a néanmoins permis d’associer les deux dans l’insulte, sur la muraille du camp, à plusieurs reprises ces dernières années. Et Kickl a déjà envisagé de « concentrer » les migrants, selon l’art du jeu de mots cynique qui est la marque de l’extrême-droite.

Tous les peuples du continent attestent le crime de masse commis à Mauthausen : plus de cent mille morts, de la Russie à l’Espagne, de la Grèce à la Pologne, en quasi-totalité des déportés étrangers, dont près de cinq mille Français et autant de républicains espagnols réfugiés en France. Un jour pas si ancien, à Paris, un diplomate autrichien fit cet aveu involontaire de l’enseignement historique qu’il avait reçu : « Ah bon ? Il n’y avait pas que des Autrichiens dans ce camp ? » ...

Du caractère continental de la tragédie idéologique et humaine que furent les camps nazis, témoigne chaque année début mai la foule cosmopolite commémorant la libération de Mauthausen, à l’appel du Comité international, qui y convie les plus hautes autorités autrichiennes. Elles ne furent pas invitées en 2000. En 2018, tout indique que le président Van der Bellen, élu de justesse contre le chef du FPÖ il y a un an, y sera d’autant mieux accueilli, les ministres FPÖ n’étant bien sûr pas invités.

Jusqu’à une époque récente, le savoir sur le vécu-Mauthausen fut principalement hors d’Autriche. La société autrichienne s’est attachée à externaliser Mauthausen, nous expliquait en 2004 à Toulouse le jeune militant autrichien Andreas Baumgartner, aujourd’hui secrétaire général du Comité international. Dans le paysage, la silhouette glaçante et grotesque de la forteresse, sur cette colline de granit sans charme, était considérée comme un corps étranger. Dans sa signification historique surtout : pas nous, pas responsables, rien su.

Les affleurements du passé

Cette thèse est plus difficilement soutenable s’agissant des camps satellites, imbriqués dans le tissu rural. Quelques militants associatifs y ont été nos premiers contacts. La mémoire du camp était celle des rescapés, de leurs associations – et d’importantes archives sont en France. Une poignée d’universitaires, à Linz, Vienne, Klagenfurt, Salzbourg, historiens ou non, ont pris en considération le « savoir-déporté » (Anne-Lise Stern ) venu d’ailleurs. Au tournant du siècle, le ministère de l’Intérieur et parfois certains Länder entreprirent de préserver quelques sites, et eurent enfin pour Mauthausen des ambitions muséographiques, sollicitant les ressources d’associations nationales de mémoire.

Ainsi pouvait-on croire que l’Autriche institutionnelle avait enfin admis la nécessité de regarder son passé nazi, qu’elle avait rejoint, dans les apparences et les gestes, sinon dans les têtes, le travail accompli en Allemagne. Ces avancées, étayées par les sciences sociales, prenant corps en pratiques éducatives, constituant peu à peu un socle de repères civiques et civilisationnels, il y a lieu de les craindre fragilisées, balayées peut-être. Nos amis autrichiens parlent de « catastrophe », à l’heure où des directeurs politiques ont été nommés à la tête des départements ministériels. Du jamais vu dans le pays.

Dans une tribune véhémente publiée fin décembre, Benjamin Abtan, Bernard Kouchner, Serge et Beate Klarsfeld ayant réclamé la « mise au ban » des ministres « héritiers du nazisme » sont récusés par le FPÖ comme « des voix issues du passé »… N’y a-t-il rien, vraiment, à apprendre du passé nazi de l’Autriche, dans la situation présente ?

Ne rien céder

Le 16 mai 1945, les déportés libérés proclamèrent sur l’Appellplatz du camp, en douze langues, un Serment tourné vers le futur, qui édicte une pensée de l’avenir, tissée des mots de l’utopie. Ils y énoncent cette vérité lumineuse : « Le séjour de longues années dans les camps nous a convaincus de la valeur de la fraternité humaine ».

Le 1er novembre 2017, à Graz, le professeur Peter Gstettner a prononcé un discours opportun et courageux. Lui qui s’est battu, longtemps seul, en Carinthie – que présida Haider et dont Kickl est natif – pour imposer que le souvenir du camp du Loibl soit honoré sur site, refuse « l’égalité de tous les morts, et qu’effaçant ainsi les rôles de victime et de bourreau, les crimes nazis se trouvent dégradés en actes de guerre ordinaires ». Il dénonce ceux pour qui les « soucis » actuels importent d’abord, autrement dit la question des migrations. S’appuyant sur l’analyse lumineuse de l’écrivain allemand Hans Magnus Enzensberger dans La grande migration (1994), il souligne le lien entre le sécuritarisme croissant de nos sociétés et les drames vécus au sud. Gstettner dit : « L’Europe (…) organise la chasse à l’homme qui vise ceux qui viennent y chercher protection. (…). Il n’y aura bientôt plus aucun gouvernement qui mettra en œuvre une autre stratégie que celle-ci ». Sa conclusion, il l’emprunte à Enzensberger : « Plus une civilisation se défend contre une menace extérieure, plus elle s’emmure, moins elle a en fin de compte de choses à défendre. Pour ce qui est des barbares, inutile de les attendre à nos portes. Ils sont toujours déjà là ».

Peut-on faire encore le pari que l’alliance politique aventureuse nouée en décembre, déjà jouée bien souvent à l’échelon local et une fois au niveau fédéral, s’enlisera avant d’embarquer l’Autriche dans une « catastrophe » majeure ? Les circonstances accréditent une issue plus sinistre, vu l’évolution rapide qui affecte l’ensemble de la région – et tandis qu’en Allemagne même, l’extrême-droite redevient menaçante.

La secrétaire d’Etat auprès du ministre Kikl n’appartient pas au FPÖ. Elle a reçu le 6 février une délégation du Comité international de Mauthausen, pour évoquer le rendez-vous de mai et afficher de bonnes intentions, qu’on peut juger sincères. Elle estime que ne pas inviter le ministre pourra être « contre-productif ».

Daniel SIMON

Président de l’Amicale de Mauthausen

 

 

La Fabrique de l’Histoire : Une odyssée pédagogique sur l’univers concentrationnaire

La Fabrique de l’Histoire : Une odyssée pédagogique sur l’univers concentrationnaire

Chaque année, le Concours national de la résistance et de la déportation (CNRD) propose aux collégiens et aux lycéens de France de présenter un travail scientifique et pédagogique dont le thème était pour l’année 2016-2017 : La négation de l’homme dans l’univers concentrationnaire nazi.

Amaury Pierre, professeur d’éducation musicale, et Fabien Pontagnier, enseignant d’histoire-géographie au collège Joliot-Curie de Stains ont mené avec un groupe d’élèves volontaires de troisième un projet foisonnant et multiforme sur la mémoire de la déportation.

En commençant par valoriser la mémoire locale, les élèves ont retracé le parcours de la résistance stanoise pour comprendre les rapports de police et les pratiques totalitaires en se rendant aux Archives municipales puis aux Archives de la préfecture de police. Le groupe a ensuite découvert le mémorial de Compiègne. Cette visite a introduit par la suite, l’étude de textes, documents, partitions musicales traitant de l’expérience concentrationnaire à travers notamment le récit d’un père Blanc, Léon Leloir. Les élèves ont rencontré deux témoins, déportés politiques à Buchenwald par l’intermédiaire de l’Association Buchenwald Dora et Kommandos puis ont effectué un séjour de plusieurs jours au camp de Buchenwald : visite, ateliers pédagogiques et musicaux. Les élèves ont effectivement commencé à travailler le Chant des Marais en rapport avec la question de la musique dans l’univers concentrationnaire. Ce travail musical mené par Amaury Pierre débouche conjointement sur la mise en œuvre de concerts avec des musiciens professionnels aux Archives nationales.

Parallèlement à cette expérience autour du chant, les deux enseignants avec leurs élèves conçoivent une « malle pédagogique » pensée comme un outil de transmission des savoirs sur la déportation. Dans cette malle, des jeux pédagogiques, panneaux d’exposition, vidéos correspondent aux démarches et aux travaux menés tout au long de l’année. La restitution est déposée le 31 mars à la Direction des services éducatifs de l’éducation nationale. Les élèves du collège Joliot-Curie de Stains ont reçu un prix spécial « passeurs d’histoire » et poursuivent aujourd’hui un travail de transmission avec les plus jeunes.

Avec Amaury Pierre, Pierre Chépélov, Ludovic Lavigne, Fabien Pontagnier, Yohann Recoules, Édith Rozier-Robin et les anciens élèves de troisième du collège Joliot-Curie de Stains

Un documentaire de Séverine Liatard, réalisé par Marie-Laure Ciboulet

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Voir aussi les Serment N°364, 365 et 366

Le jour où j’ai visité Buchenwald, ce camp où la mort était chez elle

Le jour où j’ai visité Buchenwald, ce camp où la mort était chez elle

À Buchenwald, la mort frappait à toute heure, à chaque minute du jour et de la nuit dans une symphonie funèbre qui continue de nous hanter.

Pour les besoins d’un roman qu’il écrira peut-être un jour, il se rend à Buchenwald. Il prend l’avion, il prend le train, il prend une chambre à Weimar, cette petite ville de Thuringe où s’installa et mourut Goethe, où vécurent Schiller, Liszt, Bach, Nietzsche et tant d’autres encore. Là où a battu le cœur de ce génie allemand qui émerveilla par sa richesse et son raffinement l’Europe toute entière. Là où à quelques kilomètres, sur une colline en hauteur de la ville mais dissimulée d’elle par une épaisse forêt, le régime nazi a construit le camp de concentration de Buchenwald.

Ce n’était pas un camp d’extermination: il n’existait pas de chambres à gaz, juste un four à crématoire utilisé pour brûler les cadavres des prisonniers.

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La mémoire du général Artous immortalisée par l’école de gendarmerie de Melun

La mémoire du général Artous immortalisée par l’école de gendarmerie de Melun

Vendredi matin, du côté du cimetière de Cransac, comme pour donner plus d’éclat à la cérémonie hommage au général Louis Artous, né à Cransac en 1908 et décédé en 1983, le soleil a percé les brumes matinales pour irradier de sa lumière ce moment solennel. Ce sont les officiers élèves de l’École nationale de la gendarmerie de Melun qui, après avoir choisi comme parrain de leur promotion le général Artous, sont venus lui rendre cet hommage.

Un hommage émouvant dans son déroulement notamment par la présence des autorités militaires en uniformes d’apparat, et autour de la tombe celle de nombreux porte-drapeaux. Un hommage poignant quand les militaires officiers élèves ont entonné «La Marseillaise», reprise en écho par toutes les personnes présentes, avant de faire partition seule avec une chanson écrite par un officier élève qui retraçait la carrière héroïque du général Artous, et chantée a cappella par le cœur des militaires de cette promotion.

La suite s’est déroulée à la salle d’accueil, où le maire cransacois Michel Raffi été le premier à intervenir. Après avoir remercié toutes les personnes présentes et notamment les officiers élèves de l’école de gendarmerie de Melun, qui ont permis de rendre cet hommage mérité au général Louis Artous, «un personnage hors du commun, dont la vie a été un long exemple de courage (voir encadré). J’adresse en cet instant un salut appuyé et reconnaissant aux anciens combattants présents dans cette salle.

Ils sont pour nous la mémoire à faire vivre afin de ne pas oublier. Dans ce registre mémoire, je rappelle qu’une de nos avenues porte le nom du général Artous. La préfète Catherine Sarlandie de la Robertie soulignera le parcours admirable de Louis Artous qui a répondu d’emblée à l’appel du 18 juin du général De Gaulle et de la France libre.

Un engagement qui lui voudra un séjour dans le camp de la mort de Buchenwald.

Il racontera cette dramatique expérience d’où il sortira très diminué en écrivant un livre, «Témoignage du matricule 81 491 sur le bagne de Buchenwald». En s’adressant aux officiers élèves, «cet hommage marque pour vous un temps de réflexion sur votre engagement et un devoir de mémoire. Elle rappelle les valeurs intrinsèques du général Artous : «courage, droiture, discrétion et humanisme. Savoir faire et savoir être, je vous souhaite une belle carrière au sein de notre Gendarmerie nationale».

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Journée internationale du souvenir de l’Holocauste

Journée internationale du souvenir de l’Holocauste

En 2007, les Nations Unies ont fixé au 27 janvier la Journée internationale du souvenir de l’Holocauste. Cette date est celle de la libération, en 1945, d’Auschwitz-Birkenau. À l’occasion de cette journée commémorative, diverses cérémonies se sont déroulées en Allemagne et notamment à Erfurt, capitale de l’Etat libre de Thüringe et Buchenwald.

A Erfurt, une session du Parlement a accueilli quatre anciens détenus de Buchenwald, qui ont évoqué leurs souvenirs en répondant aux questions d’élèves présentées par Agnes Triebel, secrétaire générale du Comité international Buchenwald-Dora et Kommandos. Parmi ces détenus, le Français Raymond Renaud. Une allocution de M. Christian Carius, président du Parlement et une autre de M. Bodo Ramelow, Ministre Président de l’Etat libre de Thuringe, avaient précédé

Le 27 janvier à 13 heures, une délégation du Parlement et Dominique Durand, Président du Comité international, se sont recueillis sur la place d’appel du camp.

Le 28 janvier, c’est dans les locaux, devenus musée et lieu de mémoire, de la firme Topf und Söhne à Erfurt – le fabricant des crématoires d’Auschwitz et Buchenwald -, que plus de 150 personnes ont dialogué, sous la conduite d’Agnès Triebel, avec Naftali Furst, Heinrich Rotmensch, Günter Pappenheim, Raymond Renaud, tous les quatre détenus de Buchenwald et Dominique Durand.

Le discours de M. Carius , Président du Parlement de Thuringe, une vidéo sur les cérémonies sur http://www.thueringer-landtag.de/landtag/aktuelles/data/102854/

Le site de Topf und Söhne : http://www.topfundsoehne.de

 

2eme cycle des « Rendez-vous du Mont Valérien » : conférence d’inauguration « L’Europe nazie : empire, crime de masse et utopie » » avec Christian Ingrao

2eme cycle des « Rendez-vous du Mont Valérien » : conférence d’inauguration « L’Europe nazie : empire, crime de masse et utopie » » avec Christian Ingrao

Le 14 février se tiendra la conférence d’ouverture de cette deuxième édition des « Rendez-Vous du Mont-Valérien ». À cette occasion, nous recevrons une figure majeure de la recherche sur le nazisme en Europe, Christian Ingrao, autour du sujet « L’Europe Nazie : empire, crime de masse et utopie ».

Historien, directeur de recherche au CNRS et enseignant-chercheur au sein de l’Institut d’Histoire du Temps Présent,  Christian Ingrao inaugurera le deuxième cycle des « Rendez-vous du Mont-Valérien » le 14 février prochain. Cette première thématique permettra de poser un cadrage chronologique, historique et géographique sur cette période, et de revenir sur les conséquences de ce projet millénariste porté par le Troisième Reich.

Après le succès rencontré par les rendez-vous du Mont-Valérien en 2017, cette première édition 2018 apportera une vue d’ensemble du projet national-socialiste sur le continent européen, un cadre indispensable pour comprendre la place spécifique de la France et du Mont-Valérien qui sera abordée lors des prochaines conférences.

Cet événement marquera le lancement de la programmation culturelle, scientifique et pédagogique 2018 du Mont-Valérien et sera l’occasion de présenter en avant-première la nouvelle exposition temporaire « Les graffitis, ultimes témoignages des fusillés du Mont-Valérien » dès 17h00 à la Préfecture des Hauts-de-Seine.
Aussi, nous vous proposons de venir découvrir le Mémorial du Mont-Valérien lors d’une visite, qui aura lieu dès 15h00. Pour plus de facilité, nous mettons à votre disposition une navette gratuite qui effectuera l’aller-retour entre le Mont-Valérien et la Préfecture des Hauts-de-Seine.

« Les rendez-vous du Mont-Valérien » sont organisés par l’ONACVG et le ministère des Armées (DPMA) en partenariat avec la préfecture des Hauts-de-Seine et avec le soutien de l’Education Nationale et de l’Association des Professeurs d’Histoire-Géographie.

Colloque international interdisciplinaire : La Loi à l’épreuve de la Déportation

Colloque international interdisciplinaire : La Loi à l’épreuve de la Déportation

La Loi à l’épreuve de la Déportation ou comment évaluer les risques quand la loi imposée est mise au service du mal

Colloque international interdisciplinaire du 15 au 17 mars 2018 à l’Université catholique de Lille – Faculté de théologie (2ème étage du bâtiment académique), salle 247.

– Inscription obligatoire auprès de Cathy Leblanc (cathy.leblanc2@wanadoo.fr)
– Gratuit pour les étudiants et moins de 26 ans, 20 euros pour les 3 jours.
– Merci de libeller votre règlement à l’ordre de l’ « Institut Catholique de Lille », et de l’envoyer à  Faculté de Théologie, 60 Bd Vauban – CS 40109 – 59016 LILLE Cédex, en précisant, NOM, PRENOM, ADRESSE MAIL, N° de Téléphone.
– Repas du jeudi midi : 25 euros ; repas du vendredi midi : 25 euros : chèque à l’ordre de l’Institut Catholique de Lille. Faire deux chèques différents pour l’inscription et les repas. Merci. 

La tradition de ce colloque annuel est de mettre un thème à l’épreuve d’un contexte de situation extrême bien particulier : celui de la Déportation des populations juives mais aussi de tous les indésirables de l’extrême droite nazie.

Nous questionnerons cette année la loi dans tous ses aspects :

L’appareil légal qui fournira aux acteurs de l’appareil politique extrémiste de quoi transporter les populations incriminées dans des camps de natures diverses allant du camp de travail au camp d’extermination, de quoi faire périr une partie de ces populations selon des méthodes relevant du génie technique mis au service de la barbarie et de la haine. La grande question que nous nous posons est celle de savoir comment des lois criminelles peuvent être rédigées en toute impunité, puis publiées mais surtout suivies par des citoyens obéissants dont le niveau de culture n’avait rien à envier à d’autres, ce qui nous amènera à un autre questionnement : celui de la culture de la haine et de la violence mais aussi celui de la contamination, de Nuremberg à nos jours.
Cette enquête nécessite un éclairage sur la notion de « loi ». Qu’est-ce qu’une loi ? Qu’est-ce que la loi ? Comment peut-elle devenir un référent éthique et spirituel, régir des comportements, décider du destin de tout un peuple ?
La loi, c’est aussi la loi morale à l’œuvre dans l’incarcération, l’emprisonnement, dans des lieux improbables où règne la barbarie organisée, cette loi qui, en dépit de tout pousse les uns à s’enquérir des autres, à éprouver le souci de l’altérité. Nous la retrouvons à l’œuvre dans les communautés juives, dans les communautés communistes, dans les communautés féminines de Ravensbrück…
Cette étude thématique posera la question de ce qui se vit autour des lois criminelles : que se passe-t-il au niveau individuel et judiciaire pour ceux qui appliquent ces lois ? La temporalité est importance ici : il y a d’abord le moment de l’impunité : aucun risque pour ceux qui appliquent le système. Les risques augmentent ensuite, quand vient le temps de la condamnation. Il y a aussi ceux qui choisissent de lutter, d’entrer en résistance. Pour eux, la temporalité du risque est inversée : il est très présent d’abord, puisque, opposants au système, ils iront les premiers remplir les camps de concentration et pour certains périr. Dans un deuxième temps après la libération, pour ceux qui sont restés en vie, intervient la reconnaissance, la mise à l’honneur. Cette étude évoquera le contournement et le courage par lesquels certaines personnalités ont fait face à l’insoutenable. Nous ne consacrerons pas le colloque à la Résistance, ce qui sera l’objet d’un autre colloque, mais nous citerons quelques exemples originaux et inconnus en France.
A partir de cet exemple, tiré de l’un des pires génocides qu’ait connu l’histoire, nous souhaitons jeter aussi un peu de lumière sur les événements contemporains par lesquels une idéologie criminelle vient contaminer des esprits et les convertir à une détermination criminelle elle aussi et qui passe pour une « purification » sociale et spirituelle, tout comme le génocide juif passait pour une purification. C’était déjà le terme d’usage dans les génocides du début du XXème siècle.

Cet exemple de barbarie devait nous permettre de nous demander comment des populations entières sont littéralement « appâtés » (hooked), et littéralement soumises obéissant aux pires des ordres. La question centrale est de savoir si la notion de risque est déterminante dans les choix que font les uns et les autres. Voilà l’objectif du travail de cette année auquel s’attellera une équipe qui depuis sept ans maintenant travaille de concert, sur cette thématique.

PROGRAMME

JEUDI

INTRODUCTION THEORIQUE

Cathy LEBLANC, UCL, Le Concept de loi
Catherine VIALLE, UCL, La Loi dans l’ancien testament

LES LOIS CRIMINELLES

Monique HEDDEBAUT, professeur agrégé d’histoire, Les Lois de Nuremberg
Odile LOUAGE, présidente de l’AFDM-DT59, La Loi du sang
Hans BOETTCHER, Président du TGI honoraire de Lübeck, La Loi et la Justice (au double sens du terme)
Christophe PERRIN, chercheur associé de l’UCLouvain, Une loi pour les chiens ? Kant à Auschwitz

VENDREDI

Sylvie HUMBERT, Une nouvelle approche de la justice pénale internationale, des risques humains causés par des lois criminelles.

CONSEQUENCES DESTRUCTIVES

Jean-François PETIT, ICP, L’Expérience d’Emmanuel Mounier en prison, un rapport singulier à la loi.
Mary HONAN, La Victime dans la littérature enfantine de la Shoah
Serge RAYMOND, FMD, La Blessure psychique
Stanislas DEPREZ, Ethics-UCL, Civilisation, loi et shoah. Réflexions sur les allemands de Norbert Elias.

RESISTANCE ET DETOUR

Dominique DURAND, Président du CIBD Buchenwald-Dora et Kommando, La loi morale dans les camps
David PETTIGREW, SCSU (USA), A propos de Varian Fry

SAMEDI

PANNEL

Mathilde BOULAINGUIEZ, Jean-Baptiste CASBONNE, Florent TOFFIN, Sophie Scholl

CONDAMNATIONS et REVELATIONS

Denis SALAS, Les Procès des grands criminels nazis
Cathy LEBLANC, Le Cas Eichmann
Jean-Claude JEAN, président de chambre à la Cour de cassassion,  Assumer les conséquences des lois de Vichy

Programme susceptible de modifications mineures 

Voyage mémoire et d’étude en avril 2018

Voyage mémoire et d’étude en avril 2018

Comme chaque année notre Association organise un voyage en Allemagne afin de visiter les sites concentrationnaires de Buchenwald, de Dora et des kommandos d’Ellrich et cette année de Flossenbürg

Date de départ le samedi 14 avril 2018 le matin de Paris vers Ballstedt (12km au nord-ouest de Weimar)

Date de retour le mercredi 18 Avril 2018 le matin de Nuremberg vers Paris

Programme prévisionnel :

Dimanche 15 Avril 2018

Visites du Camp de Buchenwald, de son Musée et participation aux cérémonies du 73ème anniversaire de la libération du Camp auprès du Comité International, des autorités de l’Etat Libre de Thuringe et des personnalités du Mémorial de Buchenwald.

Lundi 16 Avril 2018   

Le matin : Visites du Camp de Dora, du Musée et du Tunnel.

L’après-midi : Visite du Kommandod’Ellrich.

Mardi 17 Avril 2018     

Visite du Camp de concentration de Flossenbürg (en Bavière), de la carrière et du musée.

Transfert vers Nuremberg.

Accompagnateurs : Jean-Claude Gourdin, Christophe Rabineau, Helmut Lippert (interprète

Transport : en autocar de Paris à Paris (Gare routière Montparnasse), Hébergement et Restauration : Landhotel « Zur Tanne » à BALLSTEDT et équivalent à Nuremberg pour le 17/04 au soir.

Prix : Le tarif comprend tous les transports en autocar grand confort, l’hébergement, la restauration (boisson : eau minérale), l’assistance rapatriement.

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